Matériels du génie : les montagnes russes de la disponibilité

Le 24 janvier dernier, après trois rappels, François Cornut-Gentille recevait les taux de disponibilité des équipements du génie de l’air et de terre pour 2015. Autant dire des chiffres certes intéressants mais totalement inutiles car intervenant après les débats budgétaires qui auraient permis d’en discuter avec le ministre de la défense. Mais bon, plus la manœuvre est grosse, plus le ministre fanfaronne.

Cette semaine, le journal officiel nous livre les chiffres de disponibilité pour l’année 2016, deux mois après publication de la question de François Cornut-Gentille. Soit certains veulent partir vite en vacances, soit il y a révolte au ministère de la défense, toujours est-il que ce record de rapidité laisse perplexe. Mais bon, l’important est dans les chiffres.

Pour les unités du génie de l’air, le taux de disponibilité est de nature à susciter des jalousies, car dépassant en moyenne les 85 % pour un âge moyen d’une dizaine d’années.

Pour les unités du génie de terre, on retombe dans les montagnes russes, et souvent dans la morne plaine. Ces chiffres sont à manipuler avec précaution car il faut tenir de la taille des parcs : certains étant très petit, une seule panne  peut faire chuter radicalement le taux de disponibilité. Mais tout ne s’explique pas par la petitesse des parcs.

4 BUFFALO, véhicules de protection contre les engins explosifs (photo), sont en service mais, en réalité, 2 sont disponibles. Un peu faible quant on considère l’engagement des troupes françaises sur des théâtres d’opérations exposées en permanence au danger des explosifs. Idem avec les 3 AMX30B2 DT, chars télécommandés de déminage : avec 13 % de taux de disponibilité pour 9 ans de moyenne d’âge, autant mettre l’équipement au musée.

54 ponts flottants sont recensés mais seulement 28 % sont disponibles.

Les VAB du génie sont 379 au 31 décembre 2016 mais 38 % de taux de disponibilité. A vos calculettes !

Ces quelques chiffres ne doivent cependant pas masquer la bonne disponibilité d’autres matériels comme le SPRAT, le VBHP ou encore le SOUVIM 2.

3 commentaires

  1. Frédéric Goudon dit :

    Je signale qu’il doit y avoir une erreur concernant le coût du maintien opérationnel de l’Aravis.

    Passé de quelques 105 000 euros a 5 549 est trop beau pour être vrai. Les deux premiers chiffres ont du sauter lors de la rédaction du tableau.

    Et peut on savoir comment la micro flotte concernant ce blindé est passé de 14 à 11 unités en une année ?

  2. François Cornut-Gentille dit :

    merci pour votre regard expert. Je pose une question aux fins d’éclaircissement, question qui sera publiée au Journal officiel mardi prochain.

  3. Frédéric Goudon dit :

    Je vous en remercie par avance.

    Il faut aussi remercié les rédacteurs des sites comme Lignes de Défense de Ouest-France et OPEX360 qui font état très régulièrement de votre travail et permettent que l’on en débattent sur les forums spécialisés comme Air Defense.

    Concernant les AMX-30 du déminage, il convient de rappeler que leurs moteurs Renault Mack E9 ont prés de 20 ans et leurs  »carcasses » eux mêmes bien plus, cela peut être une des causes de leur très faible disponibilité. Et surtout le fait qu’ils n’ont, à ma connaissance, jamais servi en OPEX fait que leur maintenance n’est pas une priorité.

    Bonne continuation.

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