Programme A400M : le seul qui respecte ses engagements, c’est le contribuable.

L’avion de transport militaire A400M n’en finit pas d’alimenter les chroniques depuis son lancement au début des années 2000 : les années paires, dérapages financiers ; les années impaires, problèmes techniques (à moins que cela ne soit l’inverse).

Et régulièrement Airbus vient devant la presse faire un mea-culpa, impliquant dans la chaîne de responsabilité sous-traitants et clients. Le n°1 d’Airbus, l’allemand Tom Enders, vient de rééditer ce numéro épuisé ce dimanche, sous la pression du gouvernement allemand. Pour conclure de ne pas changer de route.

En France, on préfère acheter d’autres appareils, les C130, tout en prétendant que « non non non, on a confiance dans l’A400M ; le programme n’est pas remis en cause.».

Cette obstination industrielle (ou financière) et étatique laisse pantois. Seule certitude : dans ce dossier, celui qui respecte ses engagements, c’est le contribuable. Il est vrai qu’on ne lui demande pas son avis.

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Le service des essences des armées au coeur de la bande sahélo-saharienne

Intervenir au cœur de la bande sahélo-saharienne est un défi logistique de tous les jours, notamment pour le service des essences des armées (SEA). Afin de connaître les mesures spécifiques prises par le SEA pour s’adapter au théâtre d’opération malien, François Cornut-Gentille a interrogé le ministre de la défense. Après trois années de patience (cf article ci-dessous), la réponse a été publiée au journal officiel.

Le dispositif mis en place par le SEA a pour principale caractéristique la souplesse et la flexibilité, permettant de « répondre aux exigences d’une manœuvre très rapide caractérisée notamment par la dispersion et l’éloignement des plates-formes entre elles, ainsi que par l’absence d’un tissu industriel pétrolier ».

Le SEA précise que « le déclenchement de l’opération Barkhane, en 2014, s’est traduit par la mutualisation des moyens de soutien pétrolier déployés au Mali, au Niger et au Tchad ». Lire la suite »

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Australie 12 – France 6

Le groupe DCNS vient de remporter un mégacontrat de construction de 12 sous-marins au profit de l’Australie. Les bâtiments proposés par le chantier naval français sont une version à propulsion classique des sous-marins nucléaires d’attaque de dernière génération Barracuda.

On ne peut que se féliciter de cette signature exceptionnelle. Elle ouvre également des interrogations quant à la stratégie française sur plusieurs points :

- Avec 12 sous-marins d’attaque, l’Australie disposera d’une des plus importantes sous-marinades au monde, preuve que les défis maritimes sont appelés à se développer. La France reste à 6 sous-marins d’attaque (+ 4 SNLE) alors qu’elle possède un domaine maritime plus vaste avec la Méditerranée et les Antilles comme principaux enjeux. Peut-on en rester à 6 ?

- Certains beaux esprits conseilleront d’accroître le budget des équipements pour augmenter le nombre de SNA en service. Mais la France s’obstine à vouloir qu’un seul type de propulsion, en l’occurrence nucléaire rendant le coût de possession des bâtiments trois fois plus cher que celui des « propulsion classique ». Doit-on s’obstiner ?

Le ministre de la défense ne va pas manquer de se réjouir bruyamment du contrat Australien. Il aura raison. On aimerait cependant qu’il en profite pour interpeller ses services sur leurs choix stratégiques.

Budget de la défense : à quoi sert-il de voter le budget à l’automne ?

C’est la légitime question que l’on se pose à la lecture du journal officiel de ce jour qui publie un décret portant  virement de crédits concernant la défense.

Les virements de crédits sont une modification des sommes allouées en loi de finances initiale à chacun des quatre programmes budgétaires qui constituent la mission défense, sans faire appel à des crédits extérieurs à ceux du ministère. Il s’agit d’une nouvelle répartition interne des crédits de la défense.

Rien de scandaleux à ce principe de gestion, des ajustements étant toujours nécessaires. Le seul petit hic du décret publié au journal officiel est double :

1° sa date : le 11 avril, soit à peine plus de trois mois après la mise en œuvre du budget 2016. Que des virements interviennent en fin d’exercice est compréhensible ; en début, moins. Nous aurait-on menti  lors des débats budgétaires de l’automne en « gonflant » artificiellement certaines enveloppes, notamment pour les équipements, en sachant pertinemment que cela ne tenait pas ?

2° le montant. Là on frise le scandale. 129,7 millions d’euros de crédits de paiement annulés sur le programme 146, celui des équipements. Ceci pour financer principalement les soldes. De qui se moque-t-on ?

Les réponses sont toutes trouvées : oui, le budget présenté par le ministre de la défense à l’automne n’était pas sincère. En agissant ainsi, il avait beau jeu d’affirmer défendre les armées et de promettre à qui voulait entendre. Au final, les dindons de la farce sont les français et leurs représentants, les parlementaires.

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Exportations d’armement : à quoi jouent le Ministère de la défense et la DGA ?

Selon le quotidien La Tribune, l’Arabie Saoudite aurait exigé de la France que la société ODAS cesse toute activité dans le cadre des contrats d’armement qui lient Paris à Ryad.

Cet office, successeur de la SOFRESA, est devenu une rareté mondiale. En effet, la contractualisation des ventes d’armement dans le monde s’effectue quasi-exclusivement par des contrats d’Etat à Etat. La France rechigne à de telles pratiques alors que c’est une forte demande des clients pour éviter certaines dérives particulièrement répréhensibles.

Depuis plusieurs mois, l’Arabie Saoudite avait fait part à la France de son courroux concernant l’activité d’ODAS. Dans le même temps, le Ministère de la défense montrait peu d’entrain à répondre dans les délais légaux et avec précision aux nombreuses questions posées par François Cornut-Gentille depuis 2013 sur ODAS. Rien n’y fait. Jean-Yves Le Drian et la DGA couvrent ODAS contre vents et marées.

Pourquoi maintenir une structure décriée alors que les exportations d’armement sont la priorité du ministère ? Pourquoi la DGA, pourtant si prompte à récupérer le travail des autres, reste inerte ? La présence d’un amiral, ancien chef d’état-major des armées, à la tête d’ODAS ne peut servir d’explication crédible.

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