Vol d’explosifs sur un site militaire : c’était écrit !

Ce matin a été constaté un vol massif d’explosifs et de détonateurs sur un site militaire de stockage de munitions à Miramas (Bouches-du-Rhône). Les premières informations transmises par le ministère de la défense révèlent des défaillances majeures de la sécurité.

Il incombe à la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD) de veiller à la bonne sécurisation des sites militaires. Chaque année, les documents budgétaires transmis au Parlement présente un indicateur dit de performance relatif au « taux des sites du domaine militaire et des sites industriels et économiques liés à la défense inspectés dans les délais prescrits ».

Que nous apprend cet indicateur (cf graphique) ? Il a permis de révéler les graves défaillances de la DPSD qui n’inspectait que les deux tiers des sites prescrits en 2008 et 2009. Depuis, un effort significatif, concomitant à une diminution du nombre des sites sous surveillance, a été accompli pour afficher un bilan dépassant les 90 %, 93 % en 2014. Mais, au regard des menaces qui pèsent sur l’ensemble des sites, il est difficilement compréhensible que l’objectif de 100 % ne soit ni visé, et encore moins atteint. Si le Ministère de la défense n’a manifestement pas compris cette évidence, les braqueurs de Miramas l’ont bien intégrée.

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Il y a des privilèges qui résistent au temps. Et le temps, c’est de l’argent.

Au cœur de Paris, au pied de la Tour Eiffel, au cœur de l’Ecole militaire, chacun peut admirer l’évolution de cavaliers indifférents au bruit sourd de la ville. Le visiteur s’étonne que l’on préfère faire évoluer les chevaux au milieu de la pollution du 7ème arrondissement et non dans un cadre plus vert. Mais ce spectacle anachronique est une tradition militaire « indéboulonnable ».

François Cornut-Gentille a souhaité connaître le coût de cette tradition. Le journal officiel vient de publier la réponse ministérielle qui débute par le rappel des 4 missions de la section équestre installée au cœur de Paris :

1° Apprentissage et pratique de l’équitation en tant qu’activité sportive de service par les militaires affectés en région parisienne : à la veille de la première guerre mondiale, les officiers étaient notés sur leur compétence équestre. C’était il y a un siècle… Aujourd’hui, on aimerait connaître les notes des chefs d’état-major en monte. Lire la suite »

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En 2015, les forces devront faire ceinture !

C’est avec force de tambours et clairons que le ministre de la défense annonçait lors de l’actualisation de la loi de programmation militaire la transformation des inexistantes recettes exceptionnelles en pièces sonnantes et trébuchantes pour financer les équipements des forces armées en 2015 (le désormais célèbre programme 146).

Cette actualisation n’est pas encore définitivement adoptée par le Parlement. Mais on apprend déjà que cette transformation n’interviendra que fin décembre. Autant dire qu’en 2015 les forces devront faire ceinture !

Ce n’est pas un informateur secret qui livre ce calendrier : une note émise par le cabinet du ministre à destination des parlementaires. Le cynisme en plus ! Seul espoir, que Bercy accorde une avance budgétaire. Une nouvelle bagarre estivale à prévoir d’autant plus que le surcoût pour les armées du renforcement de Vigipirate via l’opération Sentinelle n’a toujours pas trouvé financeur.

Plus les semaines passent, plus le budget de la défense s’obscurcit.

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Polytechnique : réformer, oui ; se précipiter, non !

A la suite de la publication du rapport de Bernard Attali sur l’Ecole polytechnique, le ministre de la défense s’est empressé de faire siennes la majorité des recommandations émises et de demander à la direction de l’Ecole de réformer pour la fin d’année le plan stratégique de l’Ecole.

Si depuis le rapport de François Cornut-Gentille, l’Ecole polytechnique est sous pression pour définir son projet, l’Etat ne doit pas vouloir faire en six mois ce qu’il n’a pas fait en 20 ans ! Reprendre les propositions de Bernard Attali sans débat à l’Assemblée nationale, avec notamment les commissions en charge des questions universitaires, économiques, scientifiques et militaires, serait condamner la réforme au nom d’un volontarisme hâtif de façade.

Tout a commencé à l’Assemblée nationale avec l’auto-saisine de François Cornut-Gentille. La suite ne peut s’écrire sans le Parlement. C’est le sens de la mise en garde émise par François Cornut-Gentille dans les colonnes du Monde daté du mardi 9 juin :

Polytechnique : le rapport Attali maintient la pression sur l’Etat et l’Ecole

« A l’image du pays, l’École polytechnique recèle beaucoup de talents, dispose d’un immense potentiel … mais manque d’un souffle, d’un élan, d’une ambition clairement assumés. Il faut la remettre en mouvement. » Tel est le constat sans appel porté par Bernard Attali en introduction de son rapport  sur l’Ecole polytechnique.

Faisant suite au rapport de François Cornut-Gentille, « l’X dans l’inconnu », Bernard Attali a remis ce samedi des propositions sous le titre prémonitoire : « l’X dans une nouvelle dimension ». Dans ce document, il aborde tous les points soulevés par François Cornut-Gentille pour y apporter des pistes de réponse voire des recommandations.

Ainsi, en ce qui concerne le lien avec la défense, Bernard Attali souligne que « si la Défense tient à maintenir sa tutelle sur l’X, et si l’École veut continuer à se prévaloir de son appartenance au monde de la Défense, tous deux ont le devoir d’intensifier concrètement et rapidement leur collaboration. » Et de s’interroger : « est-ce à dire que la tutelle de l’École par le Ministère de la défense vaut pour l’éternité ? Peut-être pas. Si demain la grande « École Polytechnique de Paris » voit le jour, la question se reposera de savoir s’il ne faut pas rattacher l’École au Premier Ministre. S’il n’est pas anormal d’y réfléchir dès maintenant, à chaque jour suffit sa peine. »

Pour François Cornut-Gentille, ce rapport a, pour premier mérite, de faire vivre le débat autour de la prestigieuse école et de forcer les acteurs concernés (Etat et direction de l’Ecole) à avancer. Et d’appeler à un débat à l’Assemblée nationale autour des recommandations du rapport Attali.