Pour attaquer la Suisse par voie aérienne, privilégiez le 1er janvier ou après 18 h

Par un communiqué officiel diffusé sur internet, les forces aériennes suisses informent qui veut bien lire qu’elles assureront les missions de police aérienne au-dessus du territoire helvète entre 8 h et 18 h, 7 jours sur 7, jours fériés compris. Ceci à compter du 2 janvier 2017. Jusqu’à présent, la police aérienne était assurée pendant 50 semaines, les jours ouvrables de 8h00 à 18h00. Ce n’est qu’à partir de 2021, que la police aérienne sera permanente.

Malgré les apparences, cette annonce n’est pas destinée à alimenter le festival de l’humour de Montreux. Mais elle révèle que la riche Suisse a préféré investir ailleurs que dans son système de défense et se trouve aujourd’hui fort dépourvue face à l’émergence de menaces contre lesquelles la neutralité multiséculaire ne protège pas.

A bon entendeur…

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Affrètement aérien militaire : malgré des anomalies relevées par la Cour des comptes, le ministre de la défense s’obstine.

Les questions écrites demeurent un outil majeur de contrôle de l’exécutif par le Parlement. Sans cette procédure à la disposition de chaque député, l’exécutif pourrait agir sans aucune retenue. Or, le contrôle est une fonction parlementaire cruciale de tout régime démocratique représentatif, comme l’écrivait déjà au 19e siècle John Stuart Mill.

Pour preuve, la question écrite posée cette semaine au ministre de la défense par François Cornut-Gentille sur l’affrètement aérien au profit des forces. Dans un rapport datant d’octobre 2016, la Cour des comptes a relevé des anomalies dans la politique d’externalisation du transport stratégique. Que les juges financiers mettent noir sur blanc de telles observations n’est pas chose anodine. Malgré cela, le ministère de la défense persévère à externaliser selon des modalités et avec des acteurs, objets des critiques. Qui plus est dans la précipitation puisqu’un contrat a été renouvelé en novembre 2016.

François Cornut-Gentille demande donc des explications. Seul moyen pour les obtenir, une question écrite publiée au journal officiel. Le ministère de la défense peut garder le silence ou invoquer le « secret défense », comme il le fait régulièrement pour ne pas avoir à se justifier. Mais, avec un rapport de la cour des comptes plus une question parlementaire, une telle stratégie serait assurément perdante pour le ministère de la défense.

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Inversion de la courbe : pas de bol pour la disponibilité des avions de transport militaires

Sur ce site, les difficultés de l’avion de transport militaire A400M ont été suffisamment évoquées pour ne pas en rajouter. Dans l’attente d’une pleine capacité de l’avion, l’armée de l’air continue vaillamment à recourir à ses bons vieux Transall (36 ans de moyenne d’âge) et C130 (30 ans au compteur).

Mais à force de tirer sur la corde, celle-ci commence à donner quelques signes de faiblesse. En réponse (enfin publiée mais opportunément après les débats budgétaires) à une question écrite de François Cornut-Gentille, le ministère de la défense a livré les taux de disponibilité des avions en service au sein de l’armée de l’air. Et pour l’aviation de transport, ce n’est pas transcendant.

Au 31 décembre 2015, le taux de disponibilité des 14 C130 de l’armée de l’air s’établissait à 26,2 % : 1 sur 4 donc. Pour paraphraser le Président de la république, l’inversion de la courbe tarde à se faire sentir. Pas de bol pour les aviateurs.

Pour les Transall, l’inversion de la courbe est là ! Avec 45,6 % de disponibilité contre 40,1 % un an auparavant. Mais au prix d’une diminution du parc de 14 %. Au final, le 31 décembre 2015, 11 appareils étaient disponibles, chiffre en légère baisse par rapport en 2014. Pas de bol.

Réactivité record du ministre de la défense pour le MCO aéronautique : 9 mois.

Au ministère de la défense, le maintien en condition opérationnel des équipements est une préoccupation de tous les jours, selon les dires du ministre, de son cabinet et de ses grands subordonnés. Lors des débats budgétaires, François Cornut-Gentille a cependant souligné que cette préoccupation quotidienne peine à donner des résultats tant la disponibilité de bon nombre de matériels est plus que vacillante. Insister sur les chiffres livrés au compte-gouttes relèverait de la torture.

Le journal officiel du jour nous apporte une nouvelle preuve de la célérité avec laquelle le ministère de la défense œuvre pour améliorer la situation. Un arrêté portant la signature de Jean-Yves Le Drian vient opportunément repréciser l’organisation de la structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la défense (comprenez les avions, les drones et les hélicoptères). Jusqu’ici tout va bien. On peut se féliciter de la volonté du ministère de tenir compte des remarques des parlementaires pour agir.

Là où il y a un hic est que le dit arrêté date du …. 9 février 2016. Cela fait donc 9 mois que ce document attend dans les parapheurs du cabinet du ministère de la défense. Cela fait donc 9 mois que sa publication, indispensable pour son entrée en vigueur, est en attente.

Certains vont dire que François Cornut-Gentille s’acharne sur ce ministre de la défense totalement débordé. Mais, d’un autre côté, les observateurs avertis ne comprendrait pas qu’une fois les débats budgétaires passés, il demeure silencieux face à de telles négligences. Les déclarations ministérielles faites avec toute la solennité qui sied à l’hémicycle de l’Assemblée nationale, ne règlent en rien les problèmes sur le terrain.

En matière de MCO, il est grand temps que le ministre mette les mains dans le cambouis.

Disponibilité des avions de l’aéronavale : pas top top !

Les chiffres tardivement rendus publics par le ministère de la défense en réponse à une question écrite de François Cornut-Gentille sur la disponibilité 2015 des avions de l’aéronavale ne sont pas très glorieux.

Au 31 dévcembre 2015, un Atlantique 2 sur 4 était disponible. Le ministre a fait part de son courroux en commission élargie face à la situation du parc de l’avion de patrouille maritime en cours de modernisation. Il aurait pu le faire l’année dernière, et l’année d’avant. Mais bon, vaut mieux tard que jamais. Il appartiendra à son successeur de gérer la crise.

Pour les Hawkeye, avions de surveillance, c’est 1 sur 3. Et comme l’aéronavale en possède 3, il ne faut pas être ingénieur de l’armement pour savoir combien on en dispose réellement. On serait en droit d’attendre également à une grosse colère du ministre. En effet, le Hawkeye est embarqué sur le porte-avions et constitue un élément crucial pour sa défense et la conduite des opérations. Mais bon, c’est moins médiatisé donc moins de mise en scène colérique. Là aussi, au successeur de gérer.

Par contre et par honnêteté, soulignons que les Rafale marine, au nombre de 39 au 31 décembre 2015, dépassent la barre symbolique des 50 % de disponibilité, en nette progression.