Dans son rapport public annuel 2012, la Cour des comptes consacre de longs développements aux près de 30 000 ouvriers d’Etat du ministère de la défense. Ces personnel techniques ont un statut particulier et constituent un corps professionnel à part. « Ce statut avait été conçu pour répondre à des besoins spécifiques exigeant de disposer, au sein de l’Etat, de compétences et de qualifications professionnelles ne ressortissant pas des critères habituellement retenus dans la fonction publique. »
Ceci se traduit notamment par une rémunération particulièrement avantageuse, supérieure à celle des agents de la fonction publique : « à titre d’exemple, pour 2009, à niveau d’emploi comparable, un ouvrier polyvalent ou de service ayant le statut d’ouvrier de l’Etat a gagné environ 1 920 euros de plus par an qu’un agent technique fonctionnaire au même niveau. » Le régime de retraite est également très favorable, combinant les avantages sans les inconvénients des systèmes publics et privés.
La haute juridiction financière estime que « le recours à ce statut particulier a, dans les faits, été excessif et souvent peu justifié ». Et de préciser qu’ « en 2005, un peu moins de trois recrutements sur quatre concernaient des spécialités professionnelles prioritaires au regard des besoins des structures chargées du maintien en condition opérationnelle du matériel des armées, et plus d’un quart des recrutements correspondaient encore à des métiers et des emplois plus classiques, non stratégiques pour le ministère, dont l’exercice revient normalement à des fonctionnaires ou à des contractuels de l’Etat. » Lire la suite »