Les militaires, futurs hommes-sandwiches de la marque Défense

Philippe Chapleau, journaliste spécialiste des questions de défense du quotidien Ouest France, veille constamment au grain des appels d’offres du ministère de la défense. Il a ainsi révélé sur son blog un curieux appel d’offre destiné à définir la stratégie de communication du ministère.

Selon cet appel d’offre, « L’objectif de cette stratégie vise à fédérer les différentes entités du ministère de la Défense (armées, État-major des armées, DGA, SGA, SSA, SCA, … ; personnel militaire et civil ; militaires d’active et de réserve ; …) et à rapprocher le ministère des Français, grâce à une marque Défense lisible et visible, à faire partager au service de l’esprit de Défense ».

Le mot est lâché : le ministère de la défense doit devenir une « marque ». Ce terme fait étonnamment écho à ce que dénonce François Cornut-Gentille dans son essai GOUVERNEZ !  et notamment la page 99.

Voici donc les militaires réduits à des hommes sandwiches de la marque défense. C’est une nouvelle humiliation. La défense n’a pas besoin de se constituer en marque. C’est une mission régalienne de l’Etat qui doit exister par sa seule activité et non par un message fictif. Les responsables politiques, et non les agences de communication, sont les seuls habilités à définir la stratégie de défense, à y mobiliser les moyens humains, matériels et financiers pour l’accomplir. Seuls les résultats sur le terrain ont de la valeur. Ce n’est pas une marque « ombrelle » qui fera que l’interarmées sera une réalité ou non. Ce n’est pas une marque « ombrelle » qui suffira à renforcer le lien entre les militaires et les français. Ce n’est pas une marque « ombrelle » qui préservera le ministère de la défense des efforts budgétaires.

Malheureusement, le ministre et ses conseillers sont des adeptes du story-telling, cette discipline de l’illusion qui vise à écrire l’histoire par ceux qui la font. Réduire la Défense à une marque en est l’aboutissement.

Nul ne doute que de grands communicants vont se précipiter sur ce marché. La cagnotte est estimée entre 1,6 et 4,1 millions d’euros (on appréciera ici la rigueur de la gestion…). De quoi faire plaisir à quelques copains…

Réserves opérationnelles : tout va bien mais on y travaille

Pour le ministre de la défense, « tout va bien officiellement, c’est pourquoi on réfléchit à améliorer le système« .

Telle est la conclusion que l’on peut légitimement tirer de la réponse faite à la question écrite de François Cornut-Gentille portant sur l’incroyable bureaucratie qui entoure la reconnaissance des droits à la retraite des réservistes opérationnels.

Véritable satisfecit du dispositif existant, cette réponse conclut en indiquant qu’« une réflexion a été engagée afin de poursuivre la rénovation et l’amélioration de l’ensemble des processus d’administration et de gestion des réservistes. A cet égard, un groupe de travail constitué au sein de l’équipe du projet « Réserve 2019 » a été chargé de proposer, à court terme, des solutions et aménagements ».

« Solutions » à des problèmes qui n’existent pas officiellement ? « Aménagements » à des procédures qui sont parfaites officiellement ? Ce n’est à plus rien comprendre de la parole ministérielle.

IRBA : inauguration en catimini d’un outil d’excellence du service de santé des armées

L’Institut de Recherche Biomédicale des Armées (IRBA) est inauguré aujourd’hui. Cet organisme né du rapprochement des sites de recherche du service de santé des armées- SSA (à l’exception notable et toujours injustifiable du site de Marseille) réunit les plus éminents chercheurs faisant avancer la science et la connaissance pour les armées et pour la société dans son ensemble.

La création de cet organisme ne s’est pas faite sans heurts. François Cornut-Gentille a à plusieurs reprises déploré la rivalité malsaine entre la DGA et le SSA notamment pour disposer d’un laboratoire P4 de haute sécurité. Désormais, le ministère de la défense dispose de deux laboratoires P4 distants d’une dizaine de kilomètres, résultat peu brillant de l’incapacité de deux directions du ministère de la défense à unir leurs forces dans une mission commune.

Sans l’investissement total de quelques médecins généraux œuvrant dans l’ombre avec un dévouement exemplaire (et non récompensé comme il se doit), l’IRBA n’aurait pas vu le jour. Cet institut, unique en Europe, est un outil d’excellence qui aurait mérité les honneurs de la présence du ministre pour son inauguration. Contraintes d’agenda aidant, celui-ci sera absent. Un report eût été préférable qu’une inauguration en catimini.

Thématique(s) : Actualités du ministère. Mot(s)-Clef(s) : , . Pas de commentaire »

Le ministre de la Défense boude Balard et a du mal à se justifier (vidéo)

Ce matin, lors de la séance de questions orales, Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, interrogeait le gouvernement sur le bon fonctionnement du ministère de la défense qui voit les chefs d’état-major être réunis sur le site de Balard et le ministre demeurer dans l’enceinte historique de l’hôtel de Brienne. La nécessaire coordination entre l’opérationnel et le politique astreint à des déplacements quotidiens dans Paris alors que la présence permanente du ministre à Balard était initialement prévue. En l’absence du ministre, la récente secrétaire d’Etat aux collectivités territoriales a lu une réponse préparée par le cabinet de Jean-Yves Le Drian dont les termes révèlent clairement la difficulté à justifier l’éloignement du ministre de ses troupes.

Le désert médical, une menace pour le ministère de la défense ?

Les déserts médicaux ne concernent pas uniquement les civils. Les forces armées peuvent être confrontées à des déficits de médecins. Préoccupé par cette question tant en Haute-Marne que pour les forces armées, François Cornut-Gentille a interrogé via une question écrite le ministre de la défense sur les pénuries de spécialistes au sein du service de santé des armées.

Des mesures statutaires drastiques ont permis d’enrayer la pénurie de radiologues ou encore d’anesthésistes. « A ce jour, la chirurgie orthopédique demeure le seul domaine dans lequel subsiste un déficit en praticiens ». Une spécialité pourtant cruciale au regard des blessures en opération.

La situation est par contre plus préoccupante pour les personnels paramédicaux : « en ce qui concerne les personnels paramédicaux, le recrutement et la fidélisation des infirmiers de bloc opératoire diplômés d’État (IBODE) et, dans une moindre mesure, des infirmiers anesthésistes diplômés d’État (IADE) restent une priorité pour le SSA ».

Thématique(s) : Actualités du ministère. Mot(s)-Clef(s) : . Pas de commentaire »