2 % pour la Défense : la directrice du budget ironise sur le claquement de doigt

Devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale, le 25 janvier dernier, Amélie Verdier, directrice du budget (photo), a déclaré, avec un grand bon sens : « le juste niveau de financement de l’effort de défense doit d’abord découler d’une analyse des objectifs stratégiques et des capacités militaires à mettre en face, qui ne s’expriment pas nécessairement, ou pas forcément durablement, en part de la richesse nationale. Celle-ci est d’ailleurs variable et soumise à des aléas de conjoncture. »

Diantre ! La revendication de 2 % émise par quelques hautes autorités militaires en prend pour son grade. En préambule à ce propos, la directrice du budget s’est d’ailleurs évertuée à relativiser les statistiques utilisées par l’OTAN pour évaluer la dépense de défense : certains Etats y incluent leur gendarmerie. Pas la France.

Non contente de dénoncer la méthode qui amène aux 2 %, la directrice du budget en a remis une petite couche : « il nous semble également important de raisonner, au-delà d’un objectif purement quantitatif, sur la manière d’améliorer l’efficacité, l’efficience de la dépense militaire. Au sein des quelque 32 milliards de la politique de défense, il y a des dépenses plus ou moins efficaces, qui répondent plus ou moins à l’objectif de capacité opérationnelle ; il y a aussi des marges de manœuvre qui peuvent être dégagées, pas forcément pour baisser les crédits, mais pour retrouver un effort capacitaire ».

Et afin de bien se faire comprendre par tous les intéressés, urbi et orbi, elle a précisé que « ce n’est pas d’un claquement de doigts, d’un mois sur l’autre, que l’on peut envisager des modifications aussi substantielles sur les moyens alloués à une politique ». Au rapport !

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Défense : 14 milliards d’euros reportés de 2016 à 2017 en catimini

Dans le journal officiel de samedi, le lecteur attentif apprend que le Ministère de la défense bénéficie d’un report de plus de 14 milliards € d’autorisations d’engagement de l’exercice budgétaire 2016 sur l’exercice budgétaire 2017.

Rappelons que les autorisations d’engagement sont les dépenses que le Ministère de la défense peut engager, dépenses devant se traduire, une fois livraison faite, par une facture payée par crédits de paiement.

Au projet de loi de finances 2016, 37,5 milliards d’euros étaient inscrits au titre des autorisations d’engagement pour le seul ministère de la défense. A la fin de l’année, 14,3 milliards d’euros restent en plan, soit 38 % du total initial. Du jamais vu. Comme d’habitude, aucune explication donnée du côté du ministère. Précisons également que ces 14 milliards d’euros transférés n’étaient pas inscrits au projet de budget de 2017, dénaturant par la même au bout d’un mois les projections initiales.

Cette somme colossale pose une question majeure : à quoi bon débattre des heures au Parlement des projets de budget si les sommes présentées se révèlent au final totalement farfelues ?

Manifestement, le ministre de la défense et ses services s’amusent du Parlement. L’arrêté de report de crédit a été publié un samedi alors que pour les autres ministères les arrêtés étaient publiés en pleine semaine. Comme si on cherchait à le faire en toute discrétion. C’est oublié l’obstination de François Cornut-Gentille. Obstination qui va encore se vérifier dans les jours à venir dans le cadre du contrôle qu’il mène sur la manière dont est dépensé cet argent qui circule manifestement à flot à l’écart des regards du Parlement…

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Exclusif : le rapport de François Cornut-Gentille sur le budget 2017 de la défense

A deux jours de l’examen des crédits 2017  de la mission défense dans l’hémicycle, le rapport de François Cornut-Gentille, rapporteur spécial des crédits de la défense, vient d’être rendu public. Cet épais document reprend en les développant les principaux points développés lors du débat en commission.

Innovation de cette année, ce rapport présente en annexe l’intégralité des réponses (dont la publication est autorisée) du gouvernement au questionnaire budgétaire adressé par François Cornut-Gentille.

Cette publicité ainsi donnée permet de découvrir la position officielle du gouvernement sur certains points, mais aussi la vacuité de certaines réponses voire le talent en langue de bois des auteurs. François Cornut-Gentille est le seul rapporteur budgétaire à procéder ainsi.

Intervention de François Cornut-Gentille sur le budget 2017 de la défense (vidéo)

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Intervention de François Cornut-Gentille sur le budget 2017 de la défense : « jamais la situation de la défense n’a été rendue aussi critique »

Monsieur le ministre, mes chers collègues, il y a deux façons de regarder ce dernier budget de la défense du quinquennat.

La première, en écrivant une belle histoire. On raconte alors :

-          Que vous avez obtenu quelques beaux succès à l’export ;

-          Que vous avez mis fin à l’incertitude des recettes exceptionnelles ;

-          Que vous avez également stoppé la déflation des effectifs ;

-          Enfin, que vous avez obtenu une nouvelle LPM ambitieuse et conforté le budget avec 600 millions d’euros supplémentaires.

Tout cela n’est pas faux, mais présente une version très édulcorée (voire hagiographique) de la réalité. En effet, ce tableau ne tient que si l’on considère

-          que l’essentiel de l’effort est passé ;

-          que les difficultés ont été gérées, voire maîtrisées ;

-          et que les armées sont désormais sur des rails solides.

Or, il n’en est rien. Tout indique au contraire qu’un mur de difficultés est devant nous. Car si nous considérons votre budget, sans aucun catastrophisme mais tel que l’avenir se présente à nous, une vision beaucoup plus préoccupante s’impose. L’urgence et la préparation de l’avenir demanderaient en effet une mobilisation de tous pour surmonter des fragilités grandissantes et à ce jour sans remède.

Pourtant, alors qu’il faudrait créer les conditions d’un débat responsable pour évaluer ces risques et construire des solutions, votre ministère semble désormais placer toute son énergie à construire un bilan flatteur.

Quelle est en effet la dure situation à laquelle nous sommes confrontés ?

Il est possible de résumer simplement les choses : alors que l’objectif principal d’une loi de programmation militaire est de préserver voire de renforcer les équipements, la dégradation dans ce domaine semble désormais s’accélérer à un rythme angoissant. Lire la suite »

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