NH 90, l’hélicoptère de l’armée… qui ne vole pas beaucoup ! (Vidéo)

Retrouvez le reportage diffusé dans le 20 heures de France 2 sur l’hélicoptère militaire de transport NH 90


L’oeil du 20h: 19 décembre 2016

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Hélicoptères militaires NH 90 : suite à l’oeil du 20 h de France 2

Mercredi soir, dans le journal de 20 h de France 2, un long reportage a révélé au grand public les difficultés de l’hélicoptère de transport militaire NH 90. Interrogé sur ce dossier, François Cornut-Gentille a notamment souligné que le NH90 est « une Formule 1 pour faire le Paris-Dakar », d’où les problèmes.

Le reportage souligne également les difficultés rencontrées par les journalistes pour obtenir des informations de la part du ministère de la défense. Ils ne sont pas les seuls à se heurter à un mur de silence. Sur le seul sujet du reportage, François Cornut-Gentille n’a toujours pas obtenu de réponse à deux questions écrites :

-          L’une portant sur la disponibilité des hélicoptères dont le NH 90 en 2015, question datant de février 2016

-          L’autre sur la pénurie des personnels spécialisés dans la maintenance des hélicoptères de l’armée de terre, question datant de février 2013 ! (bien lire 2-0-1-3)

A part cela, le chef d’état-major des armées s’oblige, dans une tribune publiée dans le quotidien Les Echos, à donner un satisfecit à son ministre de tutelle et exiger encore plus d’argent.

Inversion de la courbe : pas de bol pour la disponibilité des avions de transport militaires

Sur ce site, les difficultés de l’avion de transport militaire A400M ont été suffisamment évoquées pour ne pas en rajouter. Dans l’attente d’une pleine capacité de l’avion, l’armée de l’air continue vaillamment à recourir à ses bons vieux Transall (36 ans de moyenne d’âge) et C130 (30 ans au compteur).

Mais à force de tirer sur la corde, celle-ci commence à donner quelques signes de faiblesse. En réponse (enfin publiée mais opportunément après les débats budgétaires) à une question écrite de François Cornut-Gentille, le ministère de la défense a livré les taux de disponibilité des avions en service au sein de l’armée de l’air. Et pour l’aviation de transport, ce n’est pas transcendant.

Au 31 décembre 2015, le taux de disponibilité des 14 C130 de l’armée de l’air s’établissait à 26,2 % : 1 sur 4 donc. Pour paraphraser le Président de la république, l’inversion de la courbe tarde à se faire sentir. Pas de bol pour les aviateurs.

Pour les Transall, l’inversion de la courbe est là ! Avec 45,6 % de disponibilité contre 40,1 % un an auparavant. Mais au prix d’une diminution du parc de 14 %. Au final, le 31 décembre 2015, 11 appareils étaient disponibles, chiffre en légère baisse par rapport en 2014. Pas de bol.

Réactivité record du ministre de la défense pour le MCO aéronautique : 9 mois.

Au ministère de la défense, le maintien en condition opérationnel des équipements est une préoccupation de tous les jours, selon les dires du ministre, de son cabinet et de ses grands subordonnés. Lors des débats budgétaires, François Cornut-Gentille a cependant souligné que cette préoccupation quotidienne peine à donner des résultats tant la disponibilité de bon nombre de matériels est plus que vacillante. Insister sur les chiffres livrés au compte-gouttes relèverait de la torture.

Le journal officiel du jour nous apporte une nouvelle preuve de la célérité avec laquelle le ministère de la défense œuvre pour améliorer la situation. Un arrêté portant la signature de Jean-Yves Le Drian vient opportunément repréciser l’organisation de la structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la défense (comprenez les avions, les drones et les hélicoptères). Jusqu’ici tout va bien. On peut se féliciter de la volonté du ministère de tenir compte des remarques des parlementaires pour agir.

Là où il y a un hic est que le dit arrêté date du …. 9 février 2016. Cela fait donc 9 mois que ce document attend dans les parapheurs du cabinet du ministère de la défense. Cela fait donc 9 mois que sa publication, indispensable pour son entrée en vigueur, est en attente.

Certains vont dire que François Cornut-Gentille s’acharne sur ce ministre de la défense totalement débordé. Mais, d’un autre côté, les observateurs avertis ne comprendrait pas qu’une fois les débats budgétaires passés, il demeure silencieux face à de telles négligences. Les déclarations ministérielles faites avec toute la solennité qui sied à l’hémicycle de l’Assemblée nationale, ne règlent en rien les problèmes sur le terrain.

En matière de MCO, il est grand temps que le ministre mette les mains dans le cambouis.

Disponibilité des avions de l’aéronavale : pas top top !

Les chiffres tardivement rendus publics par le ministère de la défense en réponse à une question écrite de François Cornut-Gentille sur la disponibilité 2015 des avions de l’aéronavale ne sont pas très glorieux.

Au 31 dévcembre 2015, un Atlantique 2 sur 4 était disponible. Le ministre a fait part de son courroux en commission élargie face à la situation du parc de l’avion de patrouille maritime en cours de modernisation. Il aurait pu le faire l’année dernière, et l’année d’avant. Mais bon, vaut mieux tard que jamais. Il appartiendra à son successeur de gérer la crise.

Pour les Hawkeye, avions de surveillance, c’est 1 sur 3. Et comme l’aéronavale en possède 3, il ne faut pas être ingénieur de l’armement pour savoir combien on en dispose réellement. On serait en droit d’attendre également à une grosse colère du ministre. En effet, le Hawkeye est embarqué sur le porte-avions et constitue un élément crucial pour sa défense et la conduite des opérations. Mais bon, c’est moins médiatisé donc moins de mise en scène colérique. Là aussi, au successeur de gérer.

Par contre et par honnêteté, soulignons que les Rafale marine, au nombre de 39 au 31 décembre 2015, dépassent la barre symbolique des 50 % de disponibilité, en nette progression.