Prévention de l’absentéisme scolaire : un poème bureaucratique

La prévention de l’absentéisme scolaire est une priorité récurrente des ministres de l’éducation nationale qui se succèdent rue de Grenelle. Le journal officiel publie aujourd’hui un décret dévoilant le nouveau dispositif de prévention. Un poème bureaucratique !

Avec l’abrogation du contrat de responsabilité parentale et des mesures de suspension des allocations familiales, le décret définit une procédure en 4 étapes, pas moins ! Pour déclencher cette procédure, l’enfant doit manquer la classe sans motif légitime, ni excuses valables (notions laissées au libre arbitre des enseignants) « au moins quatre demi-journées dans le mois ». Aucun plafond n’est fixé pour engager automatiquement la procédure.

A ce moment, le chef d’établissement « réunit les membres concernés de l’équipe éducative dans le premier degré ou de la commission éducative dans le second degré, afin de rechercher l’origine du comportement de l’élève et de proposer les mesures qui peuvent être prises pour y remédier ». Une réunion par élève, cela risque de saturer l’emploi du temps de l’équipe éducative ! Ensuite, « un document récapitulant ces mesures est signé avec les personnes responsables de l’élève afin de formaliser cet engagement. » Encore faut-il que ces personnes dites responsables soient disponibles et viennent au rendez-vous. Dans le même temps, elles reçoivent un avertissement du directeur académique des services de l’éducation nationale. Fin de la première phase.

« En cas de persistance du défaut d’assiduité », dont on ne sait si ce sont de nouveau 4 absences de l’élève, une nouvelle réunion des « membres concernés de la communauté éducative pour élaborer avec les personnes responsables de l’enfant un dispositif d’aide et d’accompagnement adapté et contractualisé avec elles. » En d’autres termes, on répète la première phase qui a échoué. Lire la suite »

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Absences de courte durée non remplacées : l’Education nationale ne veut pas donner les chiffres

La persévérance finira par payer. En février 2013, François Cornut-Gentille interrogea le ministre de l’éducation nationale de l’époque (depuis le poste changea deux fois de locataire !) pour obtenir le taux de présence des enseignants devant leurs élèves dans les établissements des premier et second degrés par académie. En effet, des associations de parents d’élèves et des syndicats d’enseignants dénoncent régulièrement l’absence non remplacée d’enseignants.

18 mois plus tard, le journal officiel vient de publier une réponse qui, une fois encore, ne répond pas à la question mais progresse dans la reconnaissance du problème.

Après un rappel bureaucratique des procédures en place pour remplacer les enseignants, de rares chiffres attirent l’attention. Il est ainsi écrit que « dans le second degré, le contingent des remplaçants est constitué de titulaires de zones de remplacement et de contractuels. Ce potentiel de remplacement a permis de couvrir 96,2 % des absences de 15 jours et plus en 2011-2012 et 97,5 % en 2012-2013. ». Or, ce sont les absences de courte durée cumulées qui posent problème et qui sont dénoncées par les associations de parents d’élèves. Pour ces dernières, il est précisé qu’ « un dispositif particulier existe par ailleurs pour les absences de courte durée. (…)  Toutefois, le taux de couverture des absences de courte durée reste moins efficient que celui des absences de longue durée. »

On en déduit donc que le ministère dispose des chiffres des absences de courte durée non remplacées mais ne veut pas les donner : on progresse. Conséquence immédiate : François Cornut-Gentille a de nouveau posé une question pour obtenir ces chiffres ! Réponse, on l’espère, dans moins de 18 mois.

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Rythmes scolaires : A quoi joue le gouvernement ?

L’Etat, par le biais de la préfecture de l’Essonne, avait engagé une action devant le tribunal administratif afin de faire annuler une délibération d’une petite commune refusant la mise en œuvre des rythmes scolaires.

Décision a été prise vendredi dernier de renoncer à cette procédure.Que signifie ce recul du gouvernement ?

On imagine difficilement le préfet de l’Essonne se désavouer ainsi de son propre chef sur un sujet aussi sensible. Ce pas de deux juridictionnel est un signal lancé à toutes les communes pour contester une réforme qui continue à mobiliser contre elle tous les acteurs de la vie scolaire et périscolaire.

La prochaine séance de questions d’actualité apportera-t-elle une réponse claire du ministre de l’éducation nationale (photo) ? On peut toujours espérer une bonne copie… Rendez-vous pris pour demain 15 heures.

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ZEP : le diagnostic impossible ? (vidéo)

Dans le cadre de l’examen de la loi de règlement des comptes de 2012, la commission des finances et la commission des affaires culturelles ont auditionné ce matin le directeur général de l’enseignement scolaire sur les zones d’éducation prioritaire. François Cornut-Gentille est intervenu pour souligner la difficulté à établir un diagnostic objectif de ces ZEP et, en conséquence, à mettre en place une stratégie opérationnelle.

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Le ministre de l’éducation nationale ignore les alertes psycho-sociales sur du corps enseignants en ZEP

Les établissements en zone d’éducation prioritaire bénéficient théoriquement d’effectifs renforcés pour assurer un suivi plus étroit des élèves. Mais ces effectifs théoriques sont à relativiser par la difficulté à remplacer les enseignants absents. Par une question écrite, François Cornut-Gentille a interrogé Vincent Peillon, ministre de l’éducation nationale (photo), sur le taux de présence des enseignants devant leurs élèves dans les établissements des premier et second degrés situés en zone d’éducation prioritaire.

Dans sa réponse publiée au journal officiel, le ministre ne donne pas ce fameux taux de présence, préférant indiquer le taux d’encadrement théorique : « le nombre d’élèves par classe reste plus faible en éducation prioritaire avec une moyenne de 22,1 en éducation prioritaire contre 23,8 hors éducation prioritaire pour le premier degré et de 22 contre 24 pour le second degré ». Mais si ces 22,1 élèves n’ont pas d’enseignant face à eux, à quoi bon ?

Le ministre indique par ailleurs que « les congés pour maladie ordinaire sont relativement plus élevés en éducation prioritaire qu’hors éducation prioritaire avec un taux de 54 % des enseignants ayant pris un congé maladie dans le 1er degré (contre 47,1 % hors éducation prioritaire) et un taux de 45,4 % des enseignants du 2nd degré (contre 40,8 % hors éducation prioritaire) ». Chacun pourra apprécier le « relativement plus élevés ». Lire la suite »

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