Lundi soir, l’opposition triomphait bruyamment devant les caméras de télévision après avoir fait adopter par la commission des finances de l’Assemblée nationale un amendement de suppression de la TVA sociale.
Ce que les dirigeants de l’opposition ont omis de préciser est la méthode employée pour arriver à ce résultat. Des documents officiels de l’Assemblée Nationale (les feuilletons) nous livrent la triste vérité :
Le 11 février, 10 députés socialistes parmi lesquels François Hollande, Pierre Moscovici, Aurélie Filipetti ou encore Claude Bartolone, démissionnaient de la commission des finances. Le 14 février, 6 d’entre-eux réintégraient la commission des finances. Quelle brutale et urgente envie a donc incité autant de députés socialistes à démissionner puis à revenir sur leur décision en quelques jours ?
Dans les faits, les responsables de l’opposition n’ont fait qu’agrémenter la composition de la commission des finances en fonction des députés présents le lundi 13 au Palais Bourbon : démissions de complaisance et remplacements temporaires, il fallait y penser. La manoeuvre pourrait être qualifiée d’habile si elle ne revenait pas à piétiner la dignité parlementaire.
Etre membre d’une commission permanente ne se réduit pas à occuper un siège et lever la main en fonction des instructions de son groupe parlementaire. Etre membre d’une commission implique de s’intéresser un temps soit peu aux différents sujets de fond dont elle est saisie, à expertiser les mesures législatives et budgétaires qu’elle examine. C’est un travail de long terme. Une commission permanente n’est pas un champ de bataille médiatique.
En agissant ainsi, l’opposition a sombré dans l’affichage médiatique au mépris de l’Assemblée nationale qu’elle prétend vouloir revaloriser.


