Pâté parlementaire (vidéo)

Cette nuit, la majorité parlementaire avait manifestement la tête dans le pâté.

En raison d’un ordre du jour totalement anarchique, les députés débattaient encore au milieu de la nuit du projet de loi de réforme des retraites. Avant le terme de la séance, marquée par des débats techniques et particulièrement arides, le gouvernement , par le biais de Marisol Touraine, a souhaité faire adopter un article reportant de six mois de la revalorisation annuelle des retraites.

Le président de séance n’ayant pas précisé ce sur quoi portait le dernier scrutin public, les députés socialistes ont adopté l’amendement de suppression de l’article, pensant voter pour l’adoption de l’article. Bref , un joli pâté dû au refus du gouvernement d’organiser un débat digne de ce nom autour d’un sujet majeur.

Indemnisation chômage : qui peut affronter deux mois sans indemnité ?

En réponse à une précédente question écrite, Michel Sapin (photo), ministre du travail et de l’emploi, avait indiqué que le taux de paiement des allocations dans les délais, c’est-à-dire avant le 7e jour du mois suivant le 1er jour indemnisable, était de 88,8 %. Ceci signifie que plus d’un allocataire sur 10 subit un retard ce qui peut avoir des implications personnelles graves.

Aussi, François Cornut-Gentille lui a demandé de préciser le délai nécessaire en « jour du mois suivant le 1er jour indemnisable » pour atteindre 90 %, 95 % et 100 % de taux de paiement. Le journal officiel vient de publier la réponse ministérielle. Pour être indemnisé sans retard, il vaut mieux ne pas être demandeur intérimaires et multi-employeur.

Le ministre indique qu’ « en moyenne sur les deux derniers mois exploitables (mai et juin 2013), le taux de premiers paiements dans les délais est de 91,13%. La notion de paiement dans les délais s’entend avant le 7e jour du mois suivant le 1er jour indemnisable ou bien avant le 7e jour du mois suivant le mois du retour de la demande d’allocation. Au-delà de ce délai, les dossiers sont qualifiés de dossiers en retard. Ainsi : – près de 95 % des paiements (94,33%) sont intervenus dans les délais ou avec un retard d’au plus 10 jours pour les mois de mai-juin 2013. – près de 98 % des paiements (97,91%) sont intervenus dans les délais avec un retard inférieur à 1 mois. – la quasi-totalité des paiements (99,25%) sont intervenus dans les délais ou avec un retard inférieur à 2 mois. » Deux mois sans indemnité exigent de disposer d’une épargne suffisante pour faire face aux échéances mensuelles et dépenses du quotidien. Sous peine d’alourdir la note ! Lire la suite »

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Les enfants de Harkis auront un unique métier : conducteur poids lourd.

Il est des mesures gouvernementales qui, parfois, laissent pantois. Face au lobby particulièrement bien organisé des descendants des harkis, le ministre délégué aux anciens combattants, Kader Arif (photo), se voit chargé de mettre en œuvre un décret « instituant des mesures en faveur des membres des formations supplétives et assimilées ou victimes de la captivité en Algérie et de leurs familles. »

Ce texte met en place des « aides à la formation professionnelle au profit des enfants de membres des formations supplétives et assimilées ou victimes de la captivité en Algérie ».  Ces aides sont en réalité une prise en charge jusqu’à 90 % ( !) « des frais de stages destinés à obtenir un permis poids lourd, super lourd, transport en commun, transport de produits dangereux ou licence de cariste. »

Le lecteur est en droit de s’interroger : les enfants voire petits-enfants de Harkis veulent tous être conducteurs poids lourd ? Que dire aux autres aspirants à la profession mais non descendants de harkis ? Que dire aux petits-enfants de Harkis qui veulent exercer une autre profession ?

Après le monopole syndical sur certaines professions (docker…), le gouvernement vient de créer un quasi-monopole communautaire. On ne sait que dire…

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Politique familiale : on a trouvé le gagnant !

Ce week-end, le Journal officiel publie discrètement un arrêté « relatif au montant de l’indemnité allouée au président du Haut Conseil de la famille ».

Rien de bien passionnant si ce n’est que le gouvernement fait ici un cadeau « magistral » au titulaire du poste. Un arrêté du 16 décembre 2009 fixait à 4 000 euros mensuels l’indemnité forfaitaire du président délégué du Haut conseil de la famille. Ce samedi, « par dérogation aux dispositions de l’article 1er de l’arrêté susvisé, le montant de l’indemnité forfaitaire mensuelle allouée au président du Haut Conseil de la famille est porté à 6 000 euros, pour une durée de huit mois. »

Une petite augmentation de 50 % pour un président sans doute accablé de travail et par ailleurs magistrat honoraire de la Cour des comptes du fait de son âge : 73 ans !

Il est vrai que le discours officiel du gouvernement est « rigueur dans la dépense publique » et qu’il envisage de réduire considérablement les aides fiscales accordées aux parents d’enfants scolarisés …

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Déblocage de la participation : le choix du consumérisme est une mauvaise solution.

A la suite de l’annonce faite hier par le Président de la République du déblocage exceptionnel de la participation, François Cornut-Gentille, député UMP de Haute-Marne et membre titulaire du Conseil d’orientation de la participation, déplore le détournement d’un instrument de long terme pour combler l’absence de vision économique.

La participation est un modèle social s’inscrivant dans la durée. En autorisant son déblocage anticipé, le président fait œuvre de déconstruction sociale alors qu’il prétendait inventer un nouveau  modèle. Par le passé, cette mesure a toujours démontré son inefficacité en contribuant au déficit commercial français qui n’en a pas besoin.

La participation mérite une tout autre approche. Face aux dossiers des retraites, du logement ou de la dépendance, l’épargne salariale doit permettre à tous les actifs d’affronter les défis de l’avenir avec plus de sérénité et de responsabilité.

Le choix du Président de la République est à l’opposé. Il a cédé aux sirènes néo-libérales de Bercy et décidé de casser un outil envié par nos voisins européens, parfaitement adapté aux incertitudes du monde d’aujourd’hui.