SOGEPA : les mécanos de Bercy gardent leurs mystères

Bien naïf celui qui croit que les montages financiers  complexes entre sociétés sont l’apanage des seules personnes privées. L’Etat aussi aime ces mécanos obscurs, comme en atteste une réponse du ministre des finances et des comptes publics, Michel Sapin (photo), à une question écrite de François Cornut-Gentille.

S’étonnant des dispositions du décret du 2 décembre 2014 portant nommant société de gestion de participations aéronautiques (SOGEPA) à la présidence de la SPVPI «  société en cours de formation », François Cornut-Gentille demanda selon quel principe juridique une personne morale peut être nommée à la présidence d’une autre personne morale.

La réponse du ministre est cinglante : « aucune disposition légale ne s’oppose à ce qu’une société par actions simplifiée (SAS) soit dirigée par une personne morale ». Soit. Et les hauts fonctionnaires de Bercy, rédacteurs de la dite réponse, de préciser : «ce cas s’applique à SPVPI, SAS dont l’associé unique est la SAS SOGEPA. L’Etat est l’associé unique de la SAS SOGEPA ».

Pourquoi l’Etat n’est pas l’associé unique direct de la SPVPI ? Trop simple comme question ? Alors pourquoi 18 mois furent nécessaires pour rédiger 6 lignes ? Que cache ce montage ? Transparence, transparence…

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Filière nucléaire française : le gouvernement disjoncte !

Une fois de plus, le gouvernement de Manuel Valls affiche ses divergences et oppositions au grand public. Après le match de double masculin Macron-Le Drian contre Sapin-Eckert sur le budget de la défense, voici le simple Macron contre Royal au sujet du rapprochement entre Areva et EDF.

Qu’il y ait débat sur la pertinence d’un tel rapprochement, c’est naturel : les économies et synergies nationales peuvent être un handicap pour l’exportation.  Mais que ce débat donne lieu à des prises de position publiques, cela l’est moins. Il ne s’agit plus d’une équipe gouvernementale appliquant une ligne politique, c’est un conglomérat d’individualités gonflées d’égo, porte-paroles de leur chapelle ministérielle.

Face à cette situation de blocage, il faut en appeler au juge de paix qu’est le Parlement. Manque de chance, le président de la commission du développement durable, Jean-Paul Chanteguet (PS), vient de démissionner de la mission sur les tarifs autoroutiers pour dénoncer le mépris du parlement par le gouvernement.

Fichtre !

Pertes abyssales d’AREVA : l’Etat actionnaire pris en défaut

4,9 milliards d’euros de perte. Tel est le brillant résultat affiché par AREVA pour 2014. Ce chiffre dépasse l’entendement par son ampleur. Et par sa soudaineté. Subitement, le groupe AREVA constate près de 5 milliards d’euros de perte en 2014.

Comment un tel résultat peut-il arriver ? On ne peut que s’étonner de l’absence de signaux d’alerte. A quoi servent les administrateurs, commissaires du gouvernement, commissaires aux comptes et autres analystes de tout poil ?

L’Etat, actionnaire à 21,7 % d’AREVA, dispose de représentants au conseil d’administration. Que font-ils de leur journée ? Quelle tutelle exerce l’Etat sur cette industrie hautement stratégique ? Pourquoi les services de Bercy (agence des participations de l’Etat et autres) et ceux du ministère du développement durable en charge de la politique énergétique n’ont rien vu venir ? Ces deux grands ministères sont –ils les nouvelles grandes muettes de l’Etat ?

Bref, qui pilote ? Comme pour l’Ecole polytechnique, objet d’un rapport de François Cornut-Gentille, la tutelle étatique se révèle défaillante. Son inertie, son silence mènent immanquablement à des errements, à des catastrophes.

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Economie française : pour relancer la croissance, une table ronde sur les détecteurs de fumée !

Des emplois en berne, une croissance pas plus florissante, des plans sociaux et restructurations industrielles angoissants, des perspectives particulièrement floues, l’économie française est un défi quotidien pour les responsables politiques qui peinent à trouver des leviers d’action efficaces.

Les échanges par radios interposées ce dimanche entre Michel Sapin, ministre des finances, et Pierre Moscovici, commissaire européen en charge des affaires économiques (photo), plongeaient l’auditeur dans un profond désespoir face à une langue de bois institutionnalisée. Mais pour ne pas désespérer les marchés et la commission européenne, la méthode Coué d’auto persuasion s’impose. Mais plus personne n’est dupe et ne croit ces discours usés jusqu’à la corde.

Le sursaut viendra-t-il du Parlement ? L’agenda de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale de cette semaine vient doucher nos espoirs. Une seule réunion est inscrite à l’ordre du jour. Son objet ? Une « table ronde sur l’entrée en vigueur de l’obligation d’installation d’un détecteur automatique de fumée dans tous les logements ».

Voilà l’économie française sur le chemin de la croissance retrouvée !

Restructuration militaire des territoires : une gestion complexe (vidéo)

Ce matin, la commission des finances a auditionné Guy Piolé, président de la deuxième chambre de la cour des Comptes, sur le rapport consacré aux aides de l’Etat aux territoires concernés par les restructurations des armées.

Au cours de cette séance, François Cornut-Gentille est intervenu pour souligner la complexité du développement des territoires ruraux restructurés.

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