2 % pour la Défense : la directrice du budget ironise sur le claquement de doigt

Devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale, le 25 janvier dernier, Amélie Verdier, directrice du budget (photo), a déclaré, avec un grand bon sens : « le juste niveau de financement de l’effort de défense doit d’abord découler d’une analyse des objectifs stratégiques et des capacités militaires à mettre en face, qui ne s’expriment pas nécessairement, ou pas forcément durablement, en part de la richesse nationale. Celle-ci est d’ailleurs variable et soumise à des aléas de conjoncture. »

Diantre ! La revendication de 2 % émise par quelques hautes autorités militaires en prend pour son grade. En préambule à ce propos, la directrice du budget s’est d’ailleurs évertuée à relativiser les statistiques utilisées par l’OTAN pour évaluer la dépense de défense : certains Etats y incluent leur gendarmerie. Pas la France.

Non contente de dénoncer la méthode qui amène aux 2 %, la directrice du budget en a remis une petite couche : « il nous semble également important de raisonner, au-delà d’un objectif purement quantitatif, sur la manière d’améliorer l’efficacité, l’efficience de la dépense militaire. Au sein des quelque 32 milliards de la politique de défense, il y a des dépenses plus ou moins efficaces, qui répondent plus ou moins à l’objectif de capacité opérationnelle ; il y a aussi des marges de manœuvre qui peuvent être dégagées, pas forcément pour baisser les crédits, mais pour retrouver un effort capacitaire ».

Et afin de bien se faire comprendre par tous les intéressés, urbi et orbi, elle a précisé que « ce n’est pas d’un claquement de doigts, d’un mois sur l’autre, que l’on peut envisager des modifications aussi substantielles sur les moyens alloués à une politique ». Au rapport !

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A quoi bon voter le budget de l’Etat au Parlement ?

La livraison du Journal officiel de ce jeudi vient une nouvelle fois démontrer l’inutilité des débats budgétaires de l’automne au Parlement.

Ce matin, est publié un décret portant transfert de crédits d’un montant de 2 380 000 € en charges salariales et de 28 équivalents temps plein travaillés (ETPT), au profit du programme 218 «Conduite et pilotage des politiques économiques et financières» de la mission «Gestion des finances publiques et des ressources humaines».

La défense figure parmi les contributeurs à hauteur de 425 000 € et 5 postes, montant et nombre d’emplois modestes au regard des crédits de la mission de la défense et des personnels qui y sont gérés. C’est l’éducation nationale qui est la principale contributrice mais, ici aussi, pour des montants peu impactant. Mais là n’est pas le problème. Lire la suite »

Des étrennes traditionnelles et nouvelles pour le ministre de la défense

Après avoir commandé en ce début d’année une multitude de matériels satisfaisant toutes les armées (drones, missiles, bâteaux), le ministre de la défense vient de recevoir ses étrennes de la part de François Cornut-Gentille, aimablement transmises par le Journal officiel.

Comme chaque année, François Cornut-Gentille vient en effet d’adresser à Jean-Yves Le Drian une série de questions écrites portant sur le bilan 2016 de la disponibilité des matériels en service au sein des trois armées (dont les hélicoptères). Pour 2015, le ministère de la défense s’est montré peu prolixe dans ses réponses, omettant d’en transmettre certaines… Gageons que pour cet exercice, il soit un peu plus rigoureux, d’autant plus qu’à partir de mai 2017 son successeur se chargera de publier les bons chiffres…

Pour corser le tout, notamment pour les hélicoptères dont la disponibilité est particulièrement inquiétante, François Cornut-Gentille a également interrogé le ministère de l’intérieur dont plusieurs services (sécurité civile, gendarmerie, …) ont recours à ces matériels. Qui du ministère de l’intérieur ou de celui de la défense affiche une meilleure disponibilité des hélicoptères et pour quelle raison ? L’impatience nous gagne.

Autre nouveauté en ce début d’année, face au déficit capacitaire en matière de transport stratégique, François Cornut-Gentille a souhaité disposer du bilan 2016 en la matière, compte tenu des besoins importants dus aux opérations menées sur des théâtres extérieurs et du rapport très critique de la Cour des comptes sur ce sujet en novembre 2016.

Face à tant d’étrennes, le ministre de la défense prendra-t-il la bonne résolution d’apporter des réponses dans les délais légaux (2 mois) et ainsi de respecter les institutions ? Le début d’année est toujours propice aux espoirs.

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L’argent étant le nerf de la guerre, messieurs à vos calculettes !

Rendre compte. Une expression très militaire qui déplaît manifestement au commandant du groupe aéronaval lorsqu’il est questionné par une autre personne que son autorité.

Lors du dernier point presse du Ministère de la Défense, en réponse à une question sur le nombre de frappes françaises au Levant, il a vertement répondu « Moi je ne fais pas la guerre avec une calculette ! », propos rapporté par l’AFP et de nombreux journalistes présents. Se présenter à un point presse pour taper sur les journalistes, encore un étrange plan com’ de la marque défense… Passons.

L’essentiel n’est pas là. L’argent étant le nerf de la guerre, disposer d’une calculette permet au moins de savoir pendant combien de temps on est en mesure de faire la dite guerre, et donc éventuellement de surclasser un ennemi. Cette calculette est également utile pour organiser ses capacités de façon optimale et coordonnée. Ancien officier de cohérence capacitaire à l’Etat-major des Armée, l’actuel commandant du groupe aéronaval doit assurément se remémorer la difficulté d’arbitrer les choix budgétaires …

François Cornut-Gentille n’étant pas titulaire d’une carte de presse mais simplement d’une carte de parlementaire, impossible pour lui d’assister au point presse de la marque défense. Par contre, il a la possibilité d’user de ses pouvoirs reconnus par la constitution de poser des questions écrites au ministre de la défense. Questions auxquelles le ministre est, rappelons-le à toute fin utile, tenu de répondre.

Aussi, afin d’éviter un tir de barrage de frégates anti-parlementaires, François Cornut-Gentille souhaite avertir de la prochaine publication au journal officiel d’une question écrite demandant le bilan des sorties aériennes effectuées dans le cadre de l’opération Chammal. Messieurs, à vos calculettes.

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Pour attaquer la Suisse par voie aérienne, privilégiez le 1er janvier ou après 18 h

Par un communiqué officiel diffusé sur internet, les forces aériennes suisses informent qui veut bien lire qu’elles assureront les missions de police aérienne au-dessus du territoire helvète entre 8 h et 18 h, 7 jours sur 7, jours fériés compris. Ceci à compter du 2 janvier 2017. Jusqu’à présent, la police aérienne était assurée pendant 50 semaines, les jours ouvrables de 8h00 à 18h00. Ce n’est qu’à partir de 2021, que la police aérienne sera permanente.

Malgré les apparences, cette annonce n’est pas destinée à alimenter le festival de l’humour de Montreux. Mais elle révèle que la riche Suisse a préféré investir ailleurs que dans son système de défense et se trouve aujourd’hui fort dépourvue face à l’émergence de menaces contre lesquelles la neutralité multiséculaire ne protège pas.

A bon entendeur…

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