Budget de la défense : les militaires, des hôtesses de l’air ?

Pour « sauver » le budget de la défense, le gouvernement s’apprête à créer des sociétés de projet. Sans vouloir analyser la faisabilité financière et juridique de ces nouvelles structures, les discours et articles entourant les sociétés de projet méritent quelques commentaires :

Le budget de la défense doit donc être « sauvé » : aucune autre mission de l’Etat, régalienne ou non, ne fait l’objet d’un sauvetage qui selon la définition apportée par le dictionnaire Le Grand Robert a d’abord une signification navale : « Secours prêté à un navire en perdition ». Autant dire que la mission régalienne de l’Etat d’assurer la sécurité de ses ressortissants et de défendre ses intérêts vitaux est dans un piteux état.

Devant une docte assemblée, le délégué général pour l’armement justifie le recours aux sociétés de projet en affirmant que « « les compagnies aériennes font cela depuis longtemps ». Comparer l’activité des armées à celles des compagnies aériennes est audacieux. Les militaires apprécieront leur nouveau statut d’hôtesses de l’air. Pire, prendre exemple sur des compagnies aériennes ou encore la SNCF aux endettements et déficits colossaux n’est pas un gage de bonne gestion. Lire la suite »

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Budget de la défense : le ministre de l’économie jette le trouble (vidéo)

Lors de la séance des questions d’actualité de mardi, Emmanuel Macron, ministre de l’économie, a confirmé que le budget de la défense atteindrait difficilement les 31,4 milliards d’euros prévus par la loi de programmation militaire. En cause, l’absence des recettes exceptionnelles issues de l’hypothétique vente de fréquences. En cause aussi, l’incertitude pesant sur les sociétés de projet  défendues par le Ministre de la défense et qualifiées de sociétés de vente par le ministre de l’économie censé travailler sur ce dossier. Pire, Emmanuel Macron a annoncé que d’autres solutions étaient à l’étude. Bref, à quelques jours de l’examen du budget de la défense, les députés ne savent toujours pas sur quoi ils vont plancher !

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D’un rapport à l’autre

A peine le rapport d’information sur l’Ecole Polytechnique présenté en commission, François Cornut-Gentille prépare le rapport sur les crédits 2015 du ministère de la défense. Il dispose d’à peine trois semaines pour le réaliser entre la présentation du budget (le 1er octobre) par le gouvernement et l’examen en commission (le 23 octobre).

Un calendrier contraint imposant un exercice de haute voltige pour analyser le mécano budgétaire mis en place pour éviter que le ministère de la défense ne soit à cours financièrement.

Trois semaines pour maîtriser les désormais fameuses sociétés de projet, société de location d’équipements militaires aux armées. Pas certain que, sur les principes, le prochain rapport budgétaire soit conciliant…

Une rentrée parlementaire chargée pour François Cornut-Gentille

Cette semaine, l’Assemblée nationale débute la session ordinaire 2014-2015. Pour François Cornut-Gentille, l’agenda est particulièrement chargé :

Mardi, la journée sera marquée par la présentation du rapport sur Polytechnique à 16 h 30 en commission des finances. Cet évènement est une étape majeure d’un travail entamé il y a  plusieurs mois mais appelé à se prolonger sous d’autres formes.

Mercredi, François Cornut-Gentille tiendra une conférence de presse à 10 h 30 autour de ce rapport avant de reprendre les auditions sur le budget 2015 de la défense : audition de l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine à 17 h. Entretemps aura eu lieu la première séance de questions au gouvernement de la session ordinaire 2014-2015.

Jeudi matin, poursuite des auditions budgétaires avec le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées. Le rapport budgétaire de François Cornut-Gentille sur le budget 2015 doit être achevé pour le 23 octobre, date d’examen des crédits en commission élargie. Une course de vitesse inacceptable compte-tenu des enjeux.

Un calendrier budgétaire niant le débat : la défense ne s’en portera pas mieux

Pour la deuxième année consécutive, les débats autour du budget de la défense (plus de 30 milliards d’euros) seront organisés à l’Assemblée nationale de manière qu’il n’y ait pas de… débat.

Le budget sera examiné dans un premier temps en commission élargie (photo) réunissant commission de la défense, commission des finances et commission des affaires étrangères, le vendredi 24 octobre au matin. Le tout dans une salle annexe de l’Assemblée nationale.

Comme l’an passé, on peut légitimement s’attendre à une longue succession d’interventions générales. Confort assuré pour le Ministre qui pourra éluder très facilement les questions délicates. Il suffit de se repasser le film de 2013 pour s’en convaincre.

Viendra ensuite l’examen dans l’hémicycle, mais avec un temps restreint. Bref, brider les questionnements pour faire avaler la pilule. Il est à craindre que cela ne suffise pas à calmer les esprits.

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