Reprise

Reprise des travaux parlementaires dans l’hémicycle cette semaine avec une session extraordinaire de 4 jours avec un programme hétéroclite. Ceci vient confirmer une fois de plus que faire débuter la session ordinaire début octobre et non début septembre n’a aucun sens. Il eût en effet été utile d’avoir notamment des séances de questions d’actualité au cours du mois de septembre tant les sujets n’ont pas manqué : Alstom, Calais, Syrie, Terrorisme, situation des prisons…

Les commissions permanentes n’ont pas attendu cette semaine pour agir. Des auditions ont déjà eu lieu, notamment celle de Philippe Richert, président de la région Grand Est, qui est intervenu devant la commission des finances de l’Assemblée nationale pour évoquer la situation financière des régions.

Cette semaine, François Cornut-Gentille a donc un agenda parlementaire chargé. Il se heurte  cependant à l’impossibilité d’auditionner les grands subordonnés du ministre de la défense sur le projet de budget 2017. Ordre leur a été donné par le cabinet de se taire. De la poussière budgétaire à glisser sous le tapis ? « Tonton pourquoi tu tousses ? »

Entre un musée ou un bateau, les marins ont choisi : le musée.

Le journal officiel du jour publie un décret de virement de crédits par lequel la rénovation du musée de la marine perçoit 52,6 millions d’autorisations d’engagement, c’est-à-dire 52,6 millions d’euros de travaux à engager, le paiement effectif venant à terme.

Ces 52,6 millions d’euros, manifestement imprévus et urgents, ont dû être retirés d’autres opérations au sein du ministère de la défense. Ce sont les équipements des forces qui ont dû sacrifier des programmes, ou du moins, en retarder la mise en œuvre. Le rapport qui accompagne le décret ne précise pas quel programme sera mis à contribution bien évidemment. Secret espoir des marins de faire payer la facture par l’armée de terre ou l’armée de l’air… A moins que le nouvel chef d’état-major de la marine, l’amiral Prazuck (photo), ne sacrifie ses capacités futures.

Nul doute que cela va favoriser un peu plus le climat amical qui prévaut entre les armées. Cela mérite en tout cas des réponses à plusieurs questions : pourquoi cette dépense d’infrastructure n’était pas inscrite en loi de finances initiale ? Pourquoi une fois encore les équipements sont mis à contribution alors que lors de la grand’ messe des dernières Universités d’Eté de la défense, généraux-amiraux-ministre se lamentaient de l’état des équipements et de la nécessité de sanctuariser, voire d’augmenter, le budget de la défense ?

Thématique(s) : Budget. Mot(s)-Clef(s) : . Un commentaire »

Dans le Bulletin des ELus Locaux de juin 2016, François Cornut-Gentille évoque les questions de défense

Thématique(s) : Défense. Mot(s)-Clef(s) : , , , . Pas de commentaire »

Programme A400M : le seul qui respecte ses engagements, c’est le contribuable.

L’avion de transport militaire A400M n’en finit pas d’alimenter les chroniques depuis son lancement au début des années 2000 : les années paires, dérapages financiers ; les années impaires, problèmes techniques (à moins que cela ne soit l’inverse).

Et régulièrement Airbus vient devant la presse faire un mea-culpa, impliquant dans la chaîne de responsabilité sous-traitants et clients. Le n°1 d’Airbus, l’allemand Tom Enders, vient de rééditer ce numéro épuisé ce dimanche, sous la pression du gouvernement allemand. Pour conclure de ne pas changer de route.

En France, on préfère acheter d’autres appareils, les C130, tout en prétendant que « non non non, on a confiance dans l’A400M ; le programme n’est pas remis en cause.».

Cette obstination industrielle (ou financière) et étatique laisse pantois. Seule certitude : dans ce dossier, celui qui respecte ses engagements, c’est le contribuable. Il est vrai qu’on ne lui demande pas son avis.

Thématique(s) : Equipements & Industries. Mot(s)-Clef(s) : , . Un commentaire »

Budget de la défense : à quoi sert-il de voter le budget à l’automne ?

C’est la légitime question que l’on se pose à la lecture du journal officiel de ce jour qui publie un décret portant  virement de crédits concernant la défense.

Les virements de crédits sont une modification des sommes allouées en loi de finances initiale à chacun des quatre programmes budgétaires qui constituent la mission défense, sans faire appel à des crédits extérieurs à ceux du ministère. Il s’agit d’une nouvelle répartition interne des crédits de la défense.

Rien de scandaleux à ce principe de gestion, des ajustements étant toujours nécessaires. Le seul petit hic du décret publié au journal officiel est double :

1° sa date : le 11 avril, soit à peine plus de trois mois après la mise en œuvre du budget 2016. Que des virements interviennent en fin d’exercice est compréhensible ; en début, moins. Nous aurait-on menti  lors des débats budgétaires de l’automne en « gonflant » artificiellement certaines enveloppes, notamment pour les équipements, en sachant pertinemment que cela ne tenait pas ?

2° le montant. Là on frise le scandale. 129,7 millions d’euros de crédits de paiement annulés sur le programme 146, celui des équipements. Ceci pour financer principalement les soldes. De qui se moque-t-on ?

Les réponses sont toutes trouvées : oui, le budget présenté par le ministre de la défense à l’automne n’était pas sincère. En agissant ainsi, il avait beau jeu d’affirmer défendre les armées et de promettre à qui voulait entendre. Au final, les dindons de la farce sont les français et leurs représentants, les parlementaires.

Thématique(s) : Budget. Mot(s)-Clef(s) : , , , . Un commentaire »