Tribune contre les forces d’inerties : quand Bernard Attali rejoint l’analyse de François Cornut-Gentille sur les dysfonctionnements de l’Etat

Dans son numéro du 23 juin, les Echos publient une tribune de Bernard Attali, auteur du rapport sur Polytechnique répondant à celui de François Cornut-Gentille, dénonçant les conservatismes à l’œuvre au sein de l’Etat.

Dans un texte particulièrement percutant, il observe que, face à ses propositions sur l’avenir de l’Ecole polytechnique, « des mandarins se sont mis en mouvement pour obscurcir le débat. Crispés sur leur passé, repliés sur leurs tribus, ils proclament que l’avenir, c’était mieux hier ».  Et d’ajouter : « ces forces d’inerties s’appuient sur un environnement fossilisé ».

Ce constat, amère, fait par Bernard Attali rejoint en tout point l’analyse de François Cornut-Gentille dans son essai GOUVERNEZ ! (Alma éditeur) où il dénonce le jeu des marques, y compris au sein de l’Etat. Ce jeu des marques qui paralyse toute action publique est un véritable défi lancé au pouvoir politique qui, de spectateur impuissant, doit devenir un acteur résistant au nom de l’intérêt général.

Il y a 75 ans, la bataille oubliée de France (suite)

Voici les pages les plus marquantes de l’agenda du sergent Germain Pérardel du 149e RIF sur les combats de juin 1940. Le samedi 15 juin au petit matin, son régiment arrive difficilement en Haute-Marne, à Saint-Blin puis à Andelot où les hommes débarquent de leurs camions. Manquent à l’appel une trentaine d’hommes qui ont opportunément perdu le convoi à hauteur de Neufchâteau et dont on retrouvera la trace plus au sud…

Les 3 bataillons du régiment vont prendre leur position défensive, sachant que l’ennemi progresse rapidement sur la RN 67. Saint-Dizier a capitulé la veille, Chaumont au cours de la nuit. La mission confiée aux hommes du colonel Beaupuis, freiner l’ennemi pour faciliter le repli de la 3ème armée vers le sud. Opération désespérée mais que vont mener avec courage ces soldats mal entraînés.

C’est autour de Darmannes et Treix que Germain Pérardel prend position avec le 3ème bataillon. Le dimanche 16 juin, il écrit « restez sur position, couchez sur la terre ». L’attente est longue et difficile. Le lundi 17, les français sont sans ravitaillement et se savent encerclés à 7km de Chaumont où les Allemands ne s’attardent pas. Mais le 149e RIF constitue une épine qu’il convient d’éradiquer. A Paris, Pétain appelle à l’arrêt des combats.

Pour les hommes du colonel Beaupuis, la bataille a lieu le mardi 18 juin, date symbolique s’il en est. L’attaque allemande est brusque : 200 obus en 15 minutes, selon Germain Pérardel. Des hommes meurent sous les éclats et les balles. Germain Pérardel note quelques noms des héros : Vandevalle, Découvelère, Lubos. A 14h30, c’est fini. Ils sont prisonniers. Un sous-officier allemande manque de les abattre par énervement : une résistance aussi désespérée qu’inutile qui force le respect des officiers de la Wehrmacht.

Après la fouille en règle, la longue colonne de prisonniers s’élance et parcourt 20 kilomètres à pied. Les hommes sont exténués, hagard. Ces combattants du 18 juin viennent d’écrire une page faite de courage et d’honneur.

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Il y a 75 ans, la bataille oubliée de France (suite)

Sergent au 149e RIF, Germain Pérardel témoigne dans son petit agenda des journées terribles de juin 1940. Les 11 et 12 juin, la situation se dégrade subitement sur la ligne Maginot. Ordre est donné le 13 juin aux unités stationnés dans les ouvrages d’intervalle, et non dans les forts, de se préparer à un repli stratégique. A 22h, les hommes profitent de l’obscurité pour quitter leur poste à pied sans savoir leur destination finale. Quittant le secteur de Longuyon, le 149e RIF atteint au coeur de la nuit Mercy-le-Bas et attend pendant de longues heures des camions égarés sur les routes lorraines. Puis c’est direction plein sud, sur des routes encombrées de civils fuyant l’avancée allemande. A Paris, le gouvernement et les autorités militaires sont en pleine déroute.

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Polytechnique : le rapport Attali maintient la pression sur l’Etat et l’Ecole

« A l’image du pays, l’École polytechnique recèle beaucoup de talents, dispose d’un immense potentiel … mais manque d’un souffle, d’un élan, d’une ambition clairement assumés. Il faut la remettre en mouvement. » Tel est le constat sans appel porté par Bernard Attali en introduction de son rapport  sur l’Ecole polytechnique.

Faisant suite au rapport de François Cornut-Gentille, « l’X dans l’inconnu », Bernard Attali a remis ce samedi des propositions sous le titre prémonitoire : « l’X dans une nouvelle dimension ». Dans ce document, il aborde tous les points soulevés par François Cornut-Gentille pour y apporter des pistes de réponse voire des recommandations.

Ainsi, en ce qui concerne le lien avec la défense, Bernard Attali souligne que « si la Défense tient à maintenir sa tutelle sur l’X, et si l’École veut continuer à se prévaloir de son appartenance au monde de la Défense, tous deux ont le devoir d’intensifier concrètement et rapidement leur collaboration. » Et de s’interroger : « est-ce à dire que la tutelle de l’École par le Ministère de la défense vaut pour l’éternité ? Peut-être pas. Si demain la grande « École Polytechnique de Paris » voit le jour, la question se reposera de savoir s’il ne faut pas rattacher l’École au Premier Ministre. S’il n’est pas anormal d’y réfléchir dès maintenant, à chaque jour suffit sa peine. »

Pour François Cornut-Gentille, ce rapport a, pour premier mérite, de faire vivre le débat autour de la prestigieuse école et de forcer les acteurs concernés (Etat et direction de l’Ecole) à avancer. Et d’appeler à un débat à l’Assemblée nationale autour des recommandations du rapport Attali.

Il y a 75 ans, la bataille oubliée de France (suite)

Poursuite de la découverte de l’agenda du sergent Germain Pérardel du 149e RIF, en guise d’hommage aux combattants français de juin 1940 dont on fête les 75 ans d’engagement et de sacrifice, malgré le silence assourdissant du gouvernement.

Ces quatre journées de juin sont particulièrement calmes. Un calme trompeur pour les hommes amassés dans leurs forts et ouvrages de la ligne Maginot au nord de la Meurthe-et-Moselle.

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