2 % pour la Défense : la directrice du budget ironise sur le claquement de doigt

Devant la commission de la défense de l’Assemblée nationale, le 25 janvier dernier, Amélie Verdier, directrice du budget (photo), a déclaré, avec un grand bon sens : « le juste niveau de financement de l’effort de défense doit d’abord découler d’une analyse des objectifs stratégiques et des capacités militaires à mettre en face, qui ne s’expriment pas nécessairement, ou pas forcément durablement, en part de la richesse nationale. Celle-ci est d’ailleurs variable et soumise à des aléas de conjoncture. »

Diantre ! La revendication de 2 % émise par quelques hautes autorités militaires en prend pour son grade. En préambule à ce propos, la directrice du budget s’est d’ailleurs évertuée à relativiser les statistiques utilisées par l’OTAN pour évaluer la dépense de défense : certains Etats y incluent leur gendarmerie. Pas la France.

Non contente de dénoncer la méthode qui amène aux 2 %, la directrice du budget en a remis une petite couche : « il nous semble également important de raisonner, au-delà d’un objectif purement quantitatif, sur la manière d’améliorer l’efficacité, l’efficience de la dépense militaire. Au sein des quelque 32 milliards de la politique de défense, il y a des dépenses plus ou moins efficaces, qui répondent plus ou moins à l’objectif de capacité opérationnelle ; il y a aussi des marges de manœuvre qui peuvent être dégagées, pas forcément pour baisser les crédits, mais pour retrouver un effort capacitaire ».

Et afin de bien se faire comprendre par tous les intéressés, urbi et orbi, elle a précisé que « ce n’est pas d’un claquement de doigts, d’un mois sur l’autre, que l’on peut envisager des modifications aussi substantielles sur les moyens alloués à une politique ». Au rapport !

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Anomalies constatées dans le transport stratégique militaire : François Cornut-Gentille engage des auditions et élargit son contrôle au transport tactique en OPEX

Dans un rapport consacré à la mise en œuvre des opérations extérieures, la Cour des comptes consacre quatre pages au transport stratégique aérien. Au terme de cette rapide étude, les juges financiers ont fait état et de façon affirmative d’anomalies, sans pour autant en livrer la nature ni les responsables.

Rapporteur spécial de la commission des finances de l’Assemblée nationale sur la défense, François Cornut-Gentille s’est immédiatement saisi du dossier, ne pouvant se satisfaire d’une telle imprécision qui ne peut que faire perdurer les anomalies relevées.

Après avoir demandé des informations complémentaires dans une lettre adressée à Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, François Cornut-Gentille engage le temps des auditions.

Mercredi 8 février, il entendra le général Guéguen, en charge du Centre du Soutien des Opérations et des Acheminements (CSOA) et, une semaine plus tard, le commissaire Philippe Leroy, directeur du Service Spécialisé de la Logistique et du Transport (SSLT). CSOA et SSLT sont les principaux services de l’Etat-major des armées concernés par le transport stratégique aérien et évoqués par la Cour des comptes.

Depuis le début de ses investigations sur ce dossier, François Cornut-Gentille a reçu un nombre important de témoignages et documents en provenance des armées mais aussi de prestataires soucieux d’apporter leur éclairage sur ces mystérieuses anomalies sur lesquelles la Cour des comptes n’a toujours pas, à ce jour, répondu à François Cornut-Gentille. Sans doute un retard au décollage.

Ces témoignages l’amènent à élargir le champ de son contrôle au transport tactique sur les théâtres d’opérations extérieures.

Disponibilité des matériels de l’armée de terre : quand une question écrite bouscule les plans com’ ministériels

L’interpellation du ministre de la défense par François Cornut-Gentille sur la disponibilité des matériels de l’armée de terre a un retentissement inédit.

Ainsi, journaliste spécialisé défense pour La Voix du Nord, Olivier Berger observe sur son blog Defense globale que le maintien en condition opérationnelle du matériel terrestre est devenu « un poste prépondérant tout autant qu’abyssal (4 milliards d’euros pour les armées) dans une conjonction de vieillissement du matériel, d’usure accélérée et d’augmentation du coût ».

Dans les pages des Echos (photo), Anne Bauer, journaliste en charge des questions de défense du quotidien économique, a compilé les questions écrites posées par François Cornut-Gentille depuis plusieurs années pour proposer une infographie explicite de la situation des véhicules de l’armée de terre.

Le pouvoir de contrôle parlementaire démontre ici son intérêt et son apport démocratique. Une question écrite interpelle un ministre en exercice sur un sujet majeur de son ministère, en l’occurrence l’état des matériels avec lesquels les militaires combattent. Qui peut contester l’intérêt du questionnement ?

Cette question ne vise pas à mettre en difficulté le ministre ni ses subordonnés. Simplement à informer les Français de la réalité de l’outil militaire, au-delà des satisfecit politiques des plans com’, et à contraindre les responsables à expliquer ce qu’ils font en retour. Sur ce dernier point, il convient d’observer un certain échec… Mais François Cornut-Gentille n’est pas homme à abandonner.

Lorsque, dans le cadre d’une pseudo-modernisation du Parlement, l’actuel président de l’Assemblée nationale estime pertinent de limiter les questions écrites parlementaires, il ne fait que priver les Français de leur droit de savoir sur les affaires publiques et les députés de leur mission centrale.

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La disponibilité des VAB de l’armée de terre en chute libre

Le ministre de la défense vient enfin de céder. Et de se mettre en conformité avec la constitution. Mieux vaut tard que jamais. François Cornut-Gentille avait interrogé le ministre le 9 février 2016 sur le taux de disponibilité 2015 des matériels de l’armée de terre. Histoire de savoir avec quel matériel la France envoie ses soldats combattre. On n’est pas déçu !

Il aura fallu un an à Jean-Yves Le Drian pour collationner les données, ou plutôt se décider à les rendre publiques.

Et pour cause ! Le véhicule de l’avant-blindé, le valeureux VAB (photo), affiche une disponibilité en chute libre (- 11 points par rapport à 2014 pour s’établir à 44 %) malgré une réduction de 15 % du parc en un an ! Autant dire que les militaires montent à bord de véhicules à l’agonie. Mais tout va bien puisque le programme Scorpion dont une des composantes vise à remplacer le VAB est étalé sur plusieurs années.

Quant au Petit Véhicule Protégé dont les défaillances techniques ont déjà été révélées sur ce site, la disponibilité ne s’améliore pas : 41 % (- 11 points) sur un parc constant de 1183 PVP dont l’âge moyen est de 6 ans. Belle performance ! Il est vrai que tous les véhicules doivent passer au garage pour changer des éléments techniques…

Tout n’est pas négatif pour autant. Le VBCI affiche une belle disponibilité (76 %). Il est vrai que le parc affiche une moyenne d’âge de 5 ans contre 31 pour les VAB.

Gageons que cet élan de réponse va se poursuivre avec la transmission de la disponibilité 2015 des hélicoptères en réponse à la question écrite n° 92995 du … 9 février 2016.

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« Merci de nous avoir stimulés » : le message du Président de Polytechnique à François Cornut-Gentille

A l’occasion de la nouvelle année, le président de l’Ecole polytechnique vient d’adresser ses vœux à François Cornut-Gentille. Il conclut son message par des remerciements particuliers : « merci de nous avoir stimulés ».

Cette mention fait référence au rapport de François Cornut-Gentille sur l’Ecole polytechnique qui, lors de sa préparation et sa présentation, a suscité de l’incompréhension quant à sa finalité de la part de certains cadres et anciens élèves de la prestigieuse école.

Les quelques mots du Président de l’Ecole, « merci de nous avoirs stimulés », montrent que cette incompréhension appartient au passé. Oui, la finalité du rapport parlementaire était d’amener l’Ecole et surtout sa tutelle à réfléchir sur son positionnement et son devenir dans un monde qui fit de la tradition. En aucun cas, il s’agissait de dicter la stratégie aux Polytechniciens. François Cornut-Gentille souhaitait qu’ils prennent conscience que l’environnement universitaire, industriel et administratif ne comprenait plus l’Ecole et qu’il y avait urgence à ce qu’elle réaffirme sa destinée.

Aux remerciements du Président de l’Ecole, François Cornut-Gentille ne peut que répondre : « je n’ai fait que mon travail ». Et de souhaiter à l’Ecole polytechnique, à ses élèves et à ses cadres dirigeants, une belle année 2017.