Restructuration de la défense : what else ?

Reportée à plusieurs reprises, l’annonce des restructurations 2015 au sein du Ministère de la défense suscite l’étonnement. En dehors de Châlons-en-Champagne touché de plein fouet  par la dissolution de deux unités, la liste diffusée par le ministère n’apporte pas une lisibilité forte sur l’objectif poursuivi.

Pire, le déménagement au Balardgone d’unités et services est mentionné à 5 reprises, histoire de remplir des pages blanches : un peu léger au regard de la pression faite sur les crédits et les personnels de la défense ; un peu fort de café au regard des critiques de l’opposition d’alors lors de la décision de centraliser de nombreux services du Ministère en un lieu unique.

Derrière cette liste hétérogène, on devine les arbitrages et discussions de couloir. Cela ne fait pas une politique de défense, ni un outil de défense moderne.

Thématique(s) : Actualités du ministère. Mot(s)-Clef(s) : , . Pas de commentaire »

Budget de la défense : les militaires, des hôtesses de l’air ?

Pour « sauver » le budget de la défense, le gouvernement s’apprête à créer des sociétés de projet. Sans vouloir analyser la faisabilité financière et juridique de ces nouvelles structures, les discours et articles entourant les sociétés de projet méritent quelques commentaires :

Le budget de la défense doit donc être « sauvé » : aucune autre mission de l’Etat, régalienne ou non, ne fait l’objet d’un sauvetage qui selon la définition apportée par le dictionnaire Le Grand Robert a d’abord une signification navale : « Secours prêté à un navire en perdition ». Autant dire que la mission régalienne de l’Etat d’assurer la sécurité de ses ressortissants et de défendre ses intérêts vitaux est dans un piteux état.

Devant une docte assemblée, le délégué général pour l’armement justifie le recours aux sociétés de projet en affirmant que « « les compagnies aériennes font cela depuis longtemps ». Comparer l’activité des armées à celles des compagnies aériennes est audacieux. Les militaires apprécieront leur nouveau statut d’hôtesses de l’air. Pire, prendre exemple sur des compagnies aériennes ou encore la SNCF aux endettements et déficits colossaux n’est pas un gage de bonne gestion. Lire la suite »

Thématique(s) : Budget. Mot(s)-Clef(s) : , , . Un commentaire »

Rapport polytechnique en un clic

L’Assemblée nationale vient de publier la version définitive du rapport d’information de François Cornut-Gentille sur l’Ecole Polytechnique désormais disponible en un clic sur la photo illustrant ce papier.

Polytechnique : « Il appartient à l’État de dire ce qu’il veut de l’X »

Devant les députés de la commission des finances de l’Assemblée nationale, François Cornut-Gentille présente son rapport sur l’Ecole polytechnique intitulé « Polytechnique : l’X dans l’inconnu« .

Dans le contexte de mondialisation dans lequel les enjeux scientifiques et techniques n’ont jamais été aussi forts, Polytechnique constitue objectivement pour la France un atout majeur singulier qui est pourtant aujourd’hui sous-utilisé et insuffisamment valorisé. Malgré de réelles réformes et évolutions dont X 2000, aucune réflexion globale de l’État sur le rôle de l’École n’a été menée depuis plus de 40 ans. Mener cette réflexion est absolument nécessaire pour inscrire l’X dans une dynamique.

Le prestige de l’X et son apport sont indissociables de la place et du rôle de l’État. La difficulté de l’État à définir une stratégie et une ambition dans les domaines scientifiques, techniques et industriels depuis plusieurs décennies est source d’affaiblissement pour Polytechnique. Lire la suite »

Thématique(s) : Défense. Mot(s)-Clef(s) : , , . 2 commentaires »

Polytechnique : un engouement à double sens

Fréquentation quadruplée par rapport à un samedi « moyen » ; sollicitations médiatiques multiples ; aimables pressions pour obtenir le texte du rapport avant sa présentation en commission des finances : depuis 72 heures, une véritable frénésie entoure le dossier « Polytechnique ».

Cet engouement est rassurant : l’Ecole polytechnique intéresse toujours et un rapport parlementaire demeure un acte important.

Cet engouement est également signe d’impatience : le temps et les procédures parlementaires ne sont plus compris. L’urgent et l’immédiat sont devenus le mode opératoire de référence. Ils ouvrent la voie aux rapports de force permanents. Ils ne peuvent aboutir qu’à une société fragmentée.

En définitive, par son contenu et par la passion qui l’entoure, le rapport sur Polytechnique nous interpelle au-delà de l’Ecole.