Semaine à hauts risques

Semaine à hauts risques pour l’exécutif qui se met d’entrée en difficulté : ce mardi, devant les députés, le premier ministre prononce le discours de politique général suivi d’un vote de confiance. Cette séquence institutionnelle aurait pu suffire à elle-seule.

Mais, pour enfoncer le clou et d’une certaine manière acter la faiblesse du Parlement, Manuel Valls ira ce soir sur le plateau du 20 heures de TF1.

48 heures après cette suractivité dont le but est normalement la mise en perspective de l’action gouvernementale, c’est au tour du Président de la république de tenir une conférence de presse. De quoi va-t-il parler après son Premier ministre ? Il eût été plus respectueux des institutions que le Président s’exprime en premier et que le Premier ministre intervienne à la suite pour détailler les modalités. Au lieu de cela, l’exécutif fait l’inverse. Lire la suite »

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Engager des militaires n’a jamais transformé un pouvoir faible en autorité politique incontestée.

Les forces armées françaises sont désormais directement engagées dans la lutte contre l’Etat islamique (EI) en Irak. Des Rafales effectuent des vols de reconnaissance au-dessus des zones contrôlées par ce mouvement terroriste. Il serait illusoire de croire que ce dernier ainsi que ses sympathisants demeurés en France resteront inertes. Depuis plusieurs jours, profitant du cas Medhi Nemmouche, le gouvernement tente de sensibiliser l’opinion publique à la menace terroriste sur notre territoire. La présentation du projet de loi visant à renforcer l’arsenal juridique de lutte anti-terroriste vient opportunément dès aujourd’hui à l’Assemblée.

Les discours empreints de gravité et les projets de loi ne suffisent pas pour renforcer la capacité des Français à affronter une épreuve terroriste majeure. La sur-réactivité  médiatique et émotionnelle (accentuée par les nouveaux médias) à des événements certes dramatiques mais isolés n’est pas une bonne préparation psychologique à une attaque massive. Pour s’en rendre compte, souvenons-nous du désarroi devenant colère de milliers de Français face à des chutes de neige exceptionnelles. Et ce n’était que de la neige.

L’extrême faiblesse politique de l’exécutif est un facteur aggravant. Au-delà de son impopularité, les hésitations et contradictions du Président de la République et de son gouvernement ne sont pas de nature à rassurer face à n’importe quelle menace. La langue de bois n’a jamais été un rempart contre des ennemis. Engager des militaires n’a jamais ramené la confiance, ni transformé un pouvoir faible en autorité politique incontestée.

Pour protéger la France et les Français, au-delà des opérations militaires, l’exécutif doit retrouver de la constance et de l’autorité. Autant dire une course de fond pour l’exécutif actuel.

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L’Allemagne, troisième importateur d’armement en Irak en 2012 : selon quelle doctrine ?

Selon les données recensées par le SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute), l’Irak aurait importé pour 504 millions $ d’armements. Sans surprise le principal fournisseur était les Etats-Unis (358 M$) suivis de l’Ukraine (124 M$). En troisième position, apparaissait l’Allemagne avec 18 millions $. Statistiques surprenantes lorsque l’on sait la rigueur avec laquelle traitent les autorités allemandes en matière d’autorisation d’exportation d’armement produit en coopération…

En 2013, la dégradation de la situation s’accompagne d’une chute des ventes à l’Irak qui s’établissent à 203 M$ avec pour fournisseurs les Etats-Unis (157 M$) et la Russie (46 M$). Plus d’Allemagne.

Alors que l’Etat français envisage de rapprocher Nexter et l’allemand Kraus Maffei Wegmann au nom de la dynamique export, il serait bon de demander à Berlin et la ministre de la défense Ursula Von der Leyen (photo) de clarifier sa doctrine en la matière. Pour éviter de mauvaises surprises comme la vente d’armements à des Etats peu recommandables ou des vetos inexplicables.

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Suspension de la vente du BPC à la Russie : une décision logique.

A la veille du sommet de l’OTAN qui aura pour thème central la situation en Ukraine, le Président de la république a tranché lors d’un  conseil de défense de mercredi : la france suspend la livraison à la Russie du Bâtiment de Projection et de Commandement. Une décision logique compte-tenu du contexte international.

Présentée comme provisoire, cette décision intervient, selon la Présidence de la République, alors que « les actions menées récemment par la Russie dans l’est de l’Ukraine contreviennent aux fondements de la sécurité en Europe ».

Il est intéressant d’analyser les commentaires des « spécialistes de défense » à la suite de cette décision. Parmi de nombreuses analyses particulièrement fines, certaines relèvent de la propagande digne de la guerre froide. On peut ainsi lire qu’ « en France, les milieux néo-conservateurs, de droite et de gauche, violemment hostiles à la Russie, ont eu gain de cause. » Ni plus, ni moins. Qui sont-ces néoconservateurs ? Comment agissent-ils ?

Le lecteur reste sur sa faim. Mais doit-on s’étonner de tels écrits de la part d’un auteur français dont le blog est présenté comme une référence, mais qui touche quelques émoluments de RIA Novosti, agence de presse russe ?

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Vente du BPC à la Russie : la pression monte sur la France

L’escalade militaire dans l’est de l’Ukraine a provoqué une nouvelle menace des dirigeants de l’Union européennes de sanctions à l’encontre de la Russie. La pression va une fois être grande sur la France pour ne pas livrer les bâtiments de projection et de commandement (BPC) de la classe Mistral à la Russie.

Le gouvernement français a usé de l’esquive tout au long du printemps sur ce sujet. Les derniers développements militaires qui font état de combats entre forces ukrainiennes et unités russes ne permettent plus la langue de bois. La France doit désormais trancher sur ce dossier.

Soit elle décide d’honorer son contrat pour préserver les chantiers navals de Saint-Nazaire avec le risque d’être pointée du doigt par la majorité des Etats de l’Union ainsi que les Etats-Unis.

Soit elle annule ou suspend le contrat provoquant l’ire de Vladimir Poutine et des salariés de STX.

On attend avec impatience les prochaines déclarations françaises.

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