Des étrennes traditionnelles et nouvelles pour le ministre de la défense

Après avoir commandé en ce début d’année une multitude de matériels satisfaisant toutes les armées (drones, missiles, bâteaux), le ministre de la défense vient de recevoir ses étrennes de la part de François Cornut-Gentille, aimablement transmises par le Journal officiel.

Comme chaque année, François Cornut-Gentille vient en effet d’adresser à Jean-Yves Le Drian une série de questions écrites portant sur le bilan 2016 de la disponibilité des matériels en service au sein des trois armées (dont les hélicoptères). Pour 2015, le ministère de la défense s’est montré peu prolixe dans ses réponses, omettant d’en transmettre certaines… Gageons que pour cet exercice, il soit un peu plus rigoureux, d’autant plus qu’à partir de mai 2017 son successeur se chargera de publier les bons chiffres…

Pour corser le tout, notamment pour les hélicoptères dont la disponibilité est particulièrement inquiétante, François Cornut-Gentille a également interrogé le ministère de l’intérieur dont plusieurs services (sécurité civile, gendarmerie, …) ont recours à ces matériels. Qui du ministère de l’intérieur ou de celui de la défense affiche une meilleure disponibilité des hélicoptères et pour quelle raison ? L’impatience nous gagne.

Autre nouveauté en ce début d’année, face au déficit capacitaire en matière de transport stratégique, François Cornut-Gentille a souhaité disposer du bilan 2016 en la matière, compte tenu des besoins importants dus aux opérations menées sur des théâtres extérieurs et du rapport très critique de la Cour des comptes sur ce sujet en novembre 2016.

Face à tant d’étrennes, le ministre de la défense prendra-t-il la bonne résolution d’apporter des réponses dans les délais légaux (2 mois) et ainsi de respecter les institutions ? Le début d’année est toujours propice aux espoirs.

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Hélicoptères militaires NH 90 : suite à l’oeil du 20 h de France 2

Mercredi soir, dans le journal de 20 h de France 2, un long reportage a révélé au grand public les difficultés de l’hélicoptère de transport militaire NH 90. Interrogé sur ce dossier, François Cornut-Gentille a notamment souligné que le NH90 est « une Formule 1 pour faire le Paris-Dakar », d’où les problèmes.

Le reportage souligne également les difficultés rencontrées par les journalistes pour obtenir des informations de la part du ministère de la défense. Ils ne sont pas les seuls à se heurter à un mur de silence. Sur le seul sujet du reportage, François Cornut-Gentille n’a toujours pas obtenu de réponse à deux questions écrites :

-          L’une portant sur la disponibilité des hélicoptères dont le NH 90 en 2015, question datant de février 2016

-          L’autre sur la pénurie des personnels spécialisés dans la maintenance des hélicoptères de l’armée de terre, question datant de février 2013 ! (bien lire 2-0-1-3)

A part cela, le chef d’état-major des armées s’oblige, dans une tribune publiée dans le quotidien Les Echos, à donner un satisfecit à son ministre de tutelle et exiger encore plus d’argent.

Florilège de questions écrites qui ne désespèrent pas d’obtenir une réponse

Les questions écrites demeurent un outil privilégié du contrôle du Parlement sur l’Exécutif. Publiées au journal officiel chaque mardi, ces questions sont limitées à 52 par an et par député. Ce plafonnement dû à l’initiative de l’actuel président de l’Assemblée nationale devait avoir pour contrepartie un meilleur taux de réponse des ministères qui, en théorie, disposent de deux mois pour apporter leur argumentaire également publié au journal officiel.

En cette fin d’année toujours prompte pour faire des bilans, force est de constater qu’un nombre conséquent de questions écrites posées par François Cornut-Gentille sont toujours en attente de réponse, bien au-delà du délai officiel.

Florilège pour le seul ministre de la défense :

Question  n° 92991 du 9 février 2016 sur la disponibilité des équipements de l’armée de terre

Question n° 79720 du 19 mai 2015 sur les externalisations au ministère de la défense

Question n° 23988 du 16 avril 2013 sur le pilotage du programme franco-britannique de drone MALE

Question n° 18 623 du 19 février 2013 sur la pénurie des personnels spécialisés dans la maintenance des hélicoptères de l’armée de terre

Les autres ministres ne sont pas en reste. Autre florilège : Lire la suite »

L’argent étant le nerf de la guerre, messieurs à vos calculettes !

Rendre compte. Une expression très militaire qui déplaît manifestement au commandant du groupe aéronaval lorsqu’il est questionné par une autre personne que son autorité.

Lors du dernier point presse du Ministère de la Défense, en réponse à une question sur le nombre de frappes françaises au Levant, il a vertement répondu « Moi je ne fais pas la guerre avec une calculette ! », propos rapporté par l’AFP et de nombreux journalistes présents. Se présenter à un point presse pour taper sur les journalistes, encore un étrange plan com’ de la marque défense… Passons.

L’essentiel n’est pas là. L’argent étant le nerf de la guerre, disposer d’une calculette permet au moins de savoir pendant combien de temps on est en mesure de faire la dite guerre, et donc éventuellement de surclasser un ennemi. Cette calculette est également utile pour organiser ses capacités de façon optimale et coordonnée. Ancien officier de cohérence capacitaire à l’Etat-major des Armée, l’actuel commandant du groupe aéronaval doit assurément se remémorer la difficulté d’arbitrer les choix budgétaires …

François Cornut-Gentille n’étant pas titulaire d’une carte de presse mais simplement d’une carte de parlementaire, impossible pour lui d’assister au point presse de la marque défense. Par contre, il a la possibilité d’user de ses pouvoirs reconnus par la constitution de poser des questions écrites au ministre de la défense. Questions auxquelles le ministre est, rappelons-le à toute fin utile, tenu de répondre.

Aussi, afin d’éviter un tir de barrage de frégates anti-parlementaires, François Cornut-Gentille souhaite avertir de la prochaine publication au journal officiel d’une question écrite demandant le bilan des sorties aériennes effectuées dans le cadre de l’opération Chammal. Messieurs, à vos calculettes.

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Inversion de la courbe : pas de bol pour la disponibilité des avions de transport militaires

Sur ce site, les difficultés de l’avion de transport militaire A400M ont été suffisamment évoquées pour ne pas en rajouter. Dans l’attente d’une pleine capacité de l’avion, l’armée de l’air continue vaillamment à recourir à ses bons vieux Transall (36 ans de moyenne d’âge) et C130 (30 ans au compteur).

Mais à force de tirer sur la corde, celle-ci commence à donner quelques signes de faiblesse. En réponse (enfin publiée mais opportunément après les débats budgétaires) à une question écrite de François Cornut-Gentille, le ministère de la défense a livré les taux de disponibilité des avions en service au sein de l’armée de l’air. Et pour l’aviation de transport, ce n’est pas transcendant.

Au 31 décembre 2015, le taux de disponibilité des 14 C130 de l’armée de l’air s’établissait à 26,2 % : 1 sur 4 donc. Pour paraphraser le Président de la république, l’inversion de la courbe tarde à se faire sentir. Pas de bol pour les aviateurs.

Pour les Transall, l’inversion de la courbe est là ! Avec 45,6 % de disponibilité contre 40,1 % un an auparavant. Mais au prix d’une diminution du parc de 14 %. Au final, le 31 décembre 2015, 11 appareils étaient disponibles, chiffre en légère baisse par rapport en 2014. Pas de bol.