Hommage aux soldats français de juin 1940 : le trou de mémoire du gouvernement

A force de lui mettre la pression, le secrétaire d’Etat aux anciens combattants et à la mémoire, Jean-Marc Todeschini, a fini par répondre à la question écrite de François Cornut-Gentille sur l’absence de commémoration autour des combats de juin 1940.

La réponse publiée au journal officiel mérite d’être inscrite au tableau d’honneur de la langue de bois voire de l’hypocrisie. D’entrée, le secrétaire d’Etat pose le cadre : « Afin de leur donner le retentissement qu’elles méritent et d’assurer leur médiatisation auprès du public, les commémorations organisées par l’Etat, au niveau national, suivent un rythme décennal. » Donc manque de bol pour les combats de 1940, c’était il y a 75 ans. Mais, pour mémoire, il y a 5 ans rien n’a été fait pour les 70 ans et, dans 5 ans, le secrétaire d’Etat aura changé. Donc, planté !

Le secrétaire d’Etat poursuit : « dans l’intervalle des anniversaires décennaux, le souvenir des événements historiques et de leurs acteurs est le plus souvent évoqué par les associations d’anciens combattants, les associations de mémoire ou par les collectivités territoriales. Telle devrait être la situation présidant au 75e anniversaire des combats de la campagne de France de 1940. » Comprenez : « je compte rien faire ». Avant d’entrer au gouvernement, Jean-Marc Todeschini était sénateur de la Moselle, département qui compte nombre d’ouvrages de la ligne Maginot dans lesquels de nombreux soldats ont tenté de résister à l’ennemi. Peut-être que pour Monsieur Todeschini, ces ouvrages sont de simples verrues de béton dans le paysage bucolique de la campagne mosellane…

Enfin, la  réponse ministérielle fait la promotion de sites internet. Pas sûr que les morts de juin 1940 et leurs familles apprécient le geste.

Les combats de juin 1940 dans l’Est et le nord de la France ont été particulièrement meurtrier. Ils ont été le théâtre d’actes héroïques car désespérés de nombreux anonymes. Face à ces actes glorieux, le gouvernement fait preuve d’amnésie. Un trou de mémoire sélectif déplorable

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1,6 millions d’heures perdues pour les élèves en raison des absences de courte durée des enseignants.

Il y a des réponses ministérielles à des questions écrites qui constituent de véritable victoire du contrôle parlementaire. Depuis plusieurs années, l’Education nationale se refusait à communiquer des statistiques sur les non remplacements des enseignants devant leurs élèves, notamment en raison des absences de courte durée.

Grâce à l’obstination de François Cornut-Gentille, on dispose désormais d’un premier chiffre qui mériterait d’être affiné par département. Sur les 2,4 millions d’heures d’absences dites de courte durée, seulement 36 % ont fait l’objet d’un remplacement au cours de l’année scolaire 2012-2013. Ceci signifie que les élèves français ont perdu 1,6 millions d’heures ! Aucun syndicat ne s’est jusqu’à présent ému de la situation. La FCPE et la PEEP alertaient mais étaient incapables de produire un chiffre. François Cornut-Gentille le fait !

Cette réponse constitue une véritable avancée car elle permet enfin de commencer à réfléchir à une adaptation du système de remplacement actuel à la charge du chef d’établissement et qui semble avoir atteint sa limite, particulièrement basse. Enfin, parlement et ministère peuvent réfléchir ensemble autour d’une base commune et ceci dans l’intérêt des élèves.

Cette réponse est également une démonstration opportune de ce que prône François Cornut-Gentille dans son essai « Gouvernez ! » sur le contrôle parlementaire, soutien à l’action de l’exécutif dans l’intérêt général.

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Twitter contre les trous de mémoire du secrétaire d’Etat aux anciens combattants et à la mémoire

Le secrétariat d’Etat aux anciens combattants et à la mémoire a quelques difficultés à répondre aux questions écrites. Le 3 juillet 2012, François Cornut-Gentille posait une question écrite à Kader Arif, alors ministre délégué aux anciens combattants, sur les intentions du Gouvernement pour commémorer dignement les combats de mai-juin 1940. En 2015, des célébrations marqueront les 75 ans de l’appel du 18 juin. Mais de nombreux descendants de combattants attendent la reconnaissance de la Nation pour le sacrifice des soldats des armées françaises qui ont tenté avec bravoure, courage et dévouement de résister à l’invasion des troupes allemandes en mai-juin1940, malgré la défaillance du haut commandement et du pouvoir politique. Ainsi, en Haute-Marne, des combats particulièrement meurtriers ont eu lieu notamment à Treix-Darmannes où plus de 60 hommes du 149e régiment d’infanterie de forteresse ont trouvé la mort. Aucune réponse !

Un nouveau secrétaire d’Etat ayant été nommé, Jean-Marc Todeschini, François Cornut-Gentille a « régionalisé » son interpellation en février 2015, faisant référence à la ligne Maginot, très présente dans la Moselle natale du ministre. Silence radio !

Soit le secrétariat d’Etat aux anciens combattants et à la mémoire a résilié son abonnement au journal officiel, soit on assiste à un véritable trou de mémoire, aux grands maux, les petits remèdes. François Cornut-Gentille décide d’interpeller Jean-Marc Todeschini, grand écrivain sur le réseau Twitter. Avec l’espoir qu’il retrouve un peu de la mémoire pour les combattants de 1940.

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Facture annoncée de la conférence climat Paris 2015: 187 millions d’euros

En décembre prochain, Paris accueillera la 21e conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Paris Climat 2015 attend  40 000 participants sur une durée de deux semaines.  Le Président de la République en fait un événement clé de son quinquennat, malgré les échecs répétés des précédentes conférences. Il s’appuie notamment sur Nicolas Hulot, son « envoyé spécial pour la protection de la planète ». Tout un programme…

François Cornut-Gentille a souhaité en savoir un peu plus sur le coût et le financement de cette conférence, en interrogeant Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères.

Dans sa réponse à la question écrite, le ministre précise que « le budget prévu pour la conférence s’élève à 187 millions d’euros ».

Des partenariats privés sont recherchés pour alléger la charge sur le budget de l’Etat. Laurent Fabius indique ainsi que « les entreprises peuvent devenir partenaires de la COP21 via une contribution financière ou en nature dans le cadre d’une convention de mécénat. La campagne de sensibilisation menée depuis fin octobre 2014 porte ses fruits puisque des sociétés françaises et internationales ont déjà marqué leur intérêt pour être associées à la conférence. Les propositions de contributions en nature sont majoritaires. ». Lire la suite »

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France-Russie : des relations à géométrie variable dans l’espace

Comme chacun sait, depuis plusieurs moins, la France entretient des relations plutôt fraîches avec la Russie. Le gel de la vente des bâtiments de projection et de combat (BPC) à la marine russe en témoigne de même que les déclarations très virulentes du Président de la République et du ministre des affaires étrangères à l’encontre de Vladimir Poutine concernant l’Ukraine.

Mais dans le même temps, on continue à faire appel à la Russie pour accéder à l’espace. Depuis plusieurs années, des lanceurs russes Soyouz décollent du centre spatial de Kourou avec à leur bord des satellites commerciaux et institutionnels. Le recours à ces lanceurs permet d’optimiser les capacités de mise en orbite à partir du centre spatial et le résultat d’un accord entre la Russie et l’Union européenne.

En août 2014, en pleine crise ukrainienne, un lanceur Soyouz échouait  à mettre sur orbite des satellites Galileo, le GPS européen. De là à y voir malveillance…. Afin de lever tout doute, François Cornut-Gentille a interrogé Geneviève Fioraso, ministre en charge de l’espace, sur l’étendue du droit de regard des autorités spatiales européennes sur le développement, les technologies et l’emploi des Soyouz décollant du centre spatial de Guyane. Au cas où …

Dans sa réponse très académique, la ministre précise que « le CNES et l’agence ROSCOSMOS, chef de file de la partie russe, ont défini les modalités pratiques qui permettent de s’assurer de la conformité du système de lancement Soyouz au CSG à la réglementation française. » C’est ainsi que « pour les lancements depuis le CSG, il a été ajouté au système de traitement automatique d’avarie du lanceur Soyouz la capacité de télécommander depuis le sol l’arrêt de la propulsion si le lanceur est jugé dangereux. »

En définitive, la France peut faire exploser en vol la fusée si celle-ci présente un comportement anormal mais la Russie conserve une maîtrise technologique lui permettant, ceci n’est que pure fiction, d’interagir avec le lanceur. Bref, on n’en sait pas plus.

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