Polytechnique au fond du (18ème) trou !

Selon le Canard Enchaîné du jour, l’Ecole polytechnique a engagé d’importants travaux pour accroître non l’excellence de ses laboratoires de recherche mais le swing de ses élèves sur un prochain parcours de golf.

L’information ne manque pas de surprendre. Après les rapports Cornut-Gentille (L’X dans l’inconnu) et Attali appelant à une reprise en main de la stratégie de l’Ecole, d’aucuns espéraient que la direction de l’Ecole avait compris. Manifestement, l’équation était trop complexe pour cette élite de la République.

Cela augure de difficiles débats budgétaires à l’automne où il sera difficile pour le Ministre de la défense de plaider une augmentation voire même une stabilité de la subvention pour charge de service public au profit de l’Ecole. A bon entendeur…

A moins que d’ici là le Conseil d’Etat ne vienne au secours des polytechniciens et ne déclare dans un de ses grands arrêts jurisprudentiels qu’un parcours de golf relève des missions de l’Etat.

A moins que d’ici là la tutelle exercée par la DGA sur l’Ecole polytechnique ne se réveille et n’apporte des explications argumentées sur ces investissements sablonneux.

A moins que d’ici là l’acte de décès de l’X ne soit signé par le gouvernement sur l’autel de Paris Saclay.

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Reprise des travaux parlementaires à l’Assemblée nationale cette semaine

Outre les deux séances de questions d’actualité mardi et mercredi à 15h, l’agenda de François Cornut-Gentille compte également plusieurs réunions de la commission des finances, notamment mercredi matin.

Rapporteur des crédits de la défense, François Cornut-Gentille interviendra devant la session régionale Ile de France de l’IHEDN ce mardi après-midi sur le thème « Les armées face à la contrainte budgétaire  » : vaste programme !

Enfin, plusieurs médias le sollicitent sur ses travaux (rapport polytechnique) et son essai GOUVERNEZ !.

Réforme de Polytechnique : un discours et des questions

Hier, devant un parterre sélectionné sur mesure, accompagné par le ministre de l’économie et le secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur (photo), le ministre de la défense a présenté les orientations futures de l’Ecole polytechnique. Cette intervention s’inscrit dans un processus initié il y a deux ans par François Cornut-Gentille et approfondie par le rapport de Bernard Attali et les groupes de travail qui en résultèrent.

Rares sont les ministres de la défense à s’être investis autant sur l’X. La tradition était de laisser les polytechniciens gérer polytechnique, la tutelle exercée par la DGA au nom du ministère de la défense demeurant très formelle. L’engagement personnel de Jean-Yves Le Drian est nouveau et positif. S’il est un acquis de l’interpellation de François Cornut-Gentille vis-à-vis de l’Ecole polytechnique, c’est bien la prise de conscience par l’Etat de la nécessité de définir la place de l’Ecole.

Sur le fond, les orientations préconisées par Jean-Yves Le Drian reprennent pour partie celles formulées dans le rapport de Bernard Attali. Verre à moitié plein ou à moitié vide, difficile de trancher. La pression mise sur la direction de l’Ecole polytechnique pour agir est un point assurément positif. La filière bachelor, l’approfondissement des liens avec la Défense, l’ouverture à l’international également. Par contre, plusieurs interrogations restent en suspens : comment faire cohabiter au sein du même établissement des étudiants devant acquitter des droits de scolarité élevés avec les élèves du cycle ingénieur bénéficiaires d’une solde ? Comment faire pour que le pôle Paris Saclay rapproche deux cultures aujourd’hui en tension sinon en opposition, celle de l’université et celle des grandes écoles ? Comment rendre attractif une carrière au service de l’Etat à des diplômés attirés par les rémunérations et les perspectives professionnelles du secteur privé ?

La réponse à ces questions ne dépend pas exclusivement du ministre de la défense, loin s’en faut. C’est pourquoi l’intervention d’hier de Jean-Yves Le Drian ne met nullement un terme au processus de réforme engagé. C’est une étape importante qui en appelle d’autres.

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A400M : un contrôle parlementaire dévoile qu’Airbus a transmis une documention périmée sur les moteurs (vidéo)

Pour ceux qui douteraient encore de l’intérêt du contrôle parlementaire, les travaux de Marie Récalde (PS – Gironde) et Alain Marty (LR – Moselle), membres de la commission de la défense et co-auteurs d’un rapport d’information sur le maintien en condition opérationnelle des matériels, finiront par les convaincre. Au cours de leur audition et dans l’attente de la publication de leur rapport, les deux députés ont notamment mis en évidence des défaillances majeures qu’industriels et armées s’étaient bien gardés de rendre publiques.

Ainsi, apprend-on, avec stupeur et surtout colère, qu’Airbus a transmis une documentation périmée aux armées relativement aux moteurs des A400M, entraînant des retards de plusieurs mois pour leur maintenance. Or ces retards ont un coût. Désormais se pose la question de la responsabilité d’Airbus et de l’armée de l’air dans cette défaillance majeure.

Taux de coopération européenne en matière de recherche et de technologie : face aux discours ampoulés, un peu de lumière ne fait pas de mal !

Parmi les informations transmises au Parlement dans le cadre du débat budgétaire figurent les désormais célèbres indicateurs de performance, censés révélés la bonne gestion des deniers publics par les ministères.

Comme on peut le découvrir dans le rapport spécial de François Cornut-Gentille sur les crédits 2016 de la mission défense, le ministère de la défense offre donc un panel créatif d’indicateurs dont le « taux de coopération européenne en matière de recherche et de technologie ». On imagine aisément les discours ampoulés qui peuvent accompagner un tel indicateur : « L’Europe de la défense, une priorité… » ; « Sans les coopérations, point d’équipement… » ; « nous construisons l’Europe de l’intelligence… ».

Deux petits bémols tout de même :

1° : ce taux s’est établi en 2014 à 13,9 % et a pour cible 2016 15 % : pas de quoi révolutionner l’Europe.

2 ° : Un taux de coopération n’est en soi nullement signifiant d’une performance. Lire la suite »

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