Polytechnique : le rapport Attali maintient la pression sur l’Etat et l’Ecole

« A l’image du pays, l’École polytechnique recèle beaucoup de talents, dispose d’un immense potentiel … mais manque d’un souffle, d’un élan, d’une ambition clairement assumés. Il faut la remettre en mouvement. » Tel est le constat sans appel porté par Bernard Attali en introduction de son rapport  sur l’Ecole polytechnique.

Faisant suite au rapport de François Cornut-Gentille, « l’X dans l’inconnu », Bernard Attali a remis ce samedi des propositions sous le titre prémonitoire : « l’X dans une nouvelle dimension ». Dans ce document, il aborde tous les points soulevés par François Cornut-Gentille pour y apporter des pistes de réponse voire des recommandations.

Ainsi, en ce qui concerne le lien avec la défense, Bernard Attali souligne que « si la Défense tient à maintenir sa tutelle sur l’X, et si l’École veut continuer à se prévaloir de son appartenance au monde de la Défense, tous deux ont le devoir d’intensifier concrètement et rapidement leur collaboration. » Et de s’interroger : « est-ce à dire que la tutelle de l’École par le Ministère de la défense vaut pour l’éternité ? Peut-être pas. Si demain la grande « École Polytechnique de Paris » voit le jour, la question se reposera de savoir s’il ne faut pas rattacher l’École au Premier Ministre. S’il n’est pas anormal d’y réfléchir dès maintenant, à chaque jour suffit sa peine. »

Pour François Cornut-Gentille, ce rapport a, pour premier mérite, de faire vivre le débat autour de la prestigieuse école et de forcer les acteurs concernés (Etat et direction de l’Ecole) à avancer. Et d’appeler à un débat à l’Assemblée nationale autour des recommandations du rapport Attali.

Aperçu de ce qui ne se voit pas

C’est un travail ignoré des sites de « vigilance citoyenne » et des médias : la préparation des débats budgétaires. En juillet prochain aura lieu le trop discret débat autour de la loi de règlement, examen des comptes exécutés de l’Etat en 2014.

Mais avant de prononcer des discours, un travail préparatoire s’impose et passe par l’analyse minutieuse de documents méconnus : les rapports annuels de performance. Pour François Cornut-Gentille, le rapport annuel de performance dédié à la mission Défense dénombre pas moins de 540 pages faites de chiffres et commentaires qu’il convient de retravailler, de recompter voire de compléter pour évaluer avec pertinence la bonne gestion des deniers publics.

Cette analyse exige plusieurs semaines de travail que personne ne vient comptabiliser. Et pour cause, elle n’intéresse pas. On préfère recenser les amendements inutiles, les questions écrites redondantes et les présences endormies sur les bancs de l’hémicycle.

A chacun sa vision du Parlement.

Polytechnique : le décret pantoufle publié contre l’avis du Conseil d’Etat

Événement de ce week-end, après plusieurs années d’attente, le journal officiel a publié le décret « pantoufle » modifiant les règles gouvernant le remboursement des frais de scolarité par les élèves de Polytechnique qui n’exercent pas une activité professionnelle au profit de l’État.

Cette publication a reçu un fort écho médiatique (Le Monde, TF1, AFP, ITélé, Le Figaro, PQR…) confirmant la dimension hautement symbolique de cette réforme. Réforme qui a failli n’avoir jamais eu lieu sans l’engagement décisif de François Cornut-Gentille qui, en octobre 2014, avait rendu un rapport d’information sur l’École polytechnique, « l’X dans l’inconnue », évoquant notamment le problème de la pantoufle.

Ce décret ne règle pas pour autant toutes les questions : publié contre l’avis du conseil d’Etat, après un premier rejet, il ouvre la porte à un potentiel contentieux juridique entre l’École et ses élèves. Missionné par le Premier ministre pour répondre aux nombreuses questions posées par le rapport de François Cornut-Gentille, Bernard Attali doit, d’ici à l’été, présenter plusieurs propositions dont certaines doivent porter sur la refonte de la scolarité et le statut des élèves. A suivre donc.

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Prétendant jouer la coupe du monde, l’Ecole polytechnique peine en championnat national.

Avec force de communiqués de presse, la direction de l’Ecole affiche de grandes ambitions sur la scène mondiale des Grandes Ecoles. Mondialisation, ouverture à l’international sont désormais les maîtres mots de cette institution.

Mais avant de dominer le monde, l’Ecole polytechnique souffre de quelques difficultés à s’imposer à domicile. Que ce soient la réforme de la pantoufle ou celle du concours d’entrée, la direction se heurte aux arcanes administratives de l’Etat qu’elle ne semble pas ou plus comprendre. Inquiétant pour une Ecole devant initialement former les cadres scientifiques et techniques de l’Etat.

La réforme de la pantoufle (ces frais de scolarité à rembourser par les polytechniciens), annoncée imminente depuis deux ans, en est à son second avis défavorable du Conseil d’Etat. La Présidence de l’Ecole souhaite passer outre, au risque d’exposer l’X à des contentieux juridiques interminables. L’arbitrage tant attendu du Premier ministre se fait attendre. On comprend ses réticences.

La réforme du concours 2015 adoptée par le conseil d’administration de l’X est également plongée dans un marécage administratif contraignant le directeur du concours à avouer aux candidats son impuissance : « le concours 2015 se déroulera par conséquent suivant l’arrêté du 27 novembre 2001 sans tenir compte des deux modifications proposées à l’automne 2014. »

Cet enlisement administratif sur deux dossiers, certes emblématiques mais non complexes, souligne la fragilité et l’isolement de l’Ecole polytechnique. La négation de cette réalité devient chaque jour de plus en plus déconcertante et fragilise à terme une formation pourtant de très haute qualité. Il est grand temps que la tutelle étatique prenne la main. A la suite du rapport de François Cornut-Gentille d’octobre 2014, tous ceux qui sont attachés à l’Ecole portent désormais leurs espoirs sur la mission confiée à Bernard Attali par le Premier ministre.

Polytechnique : le Premier ministre missionne Bernard Attali pour répondre aux questions de François Cornut-Gentille

Le 26 décembre dernier, le Premier ministre a missionné Bernard Attali (photo) sur l’Ecole polytechnique « en tenant comptes des observations de M. Cornut-Gentille ».

Dans la lettre de mission signée de Manuel Valls, il est demandé de réfléchir autour de 6 points principaux : le modèle souhaitable de l’Ecole ; l’évaluation de l’exercice de la tutelle ; le statut de l’Ecole ; le recrutement des élèves ; l’attractivité pour le corps professoral ; les profils de carrières des grands corps de l’Etat au vu des besoins de la haute fonction publique.

Cette mission s’inscrit pleinement dans la continuité du rapport de François Cornut-Gentille sur l’Ecole polytechnique. Ce rapport posait des questions, laissant à l’Etat le soin d’y répondre. Par cette mission, le Premier ministre souligne la pertinence de la démarche menée par François Cornut-Gentille et des questions soulevées.

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