Pour attaquer la Suisse par voie aérienne, privilégiez le 1er janvier ou après 18 h

Par un communiqué officiel diffusé sur internet, les forces aériennes suisses informent qui veut bien lire qu’elles assureront les missions de police aérienne au-dessus du territoire helvète entre 8 h et 18 h, 7 jours sur 7, jours fériés compris. Ceci à compter du 2 janvier 2017. Jusqu’à présent, la police aérienne était assurée pendant 50 semaines, les jours ouvrables de 8h00 à 18h00. Ce n’est qu’à partir de 2021, que la police aérienne sera permanente.

Malgré les apparences, cette annonce n’est pas destinée à alimenter le festival de l’humour de Montreux. Mais elle révèle que la riche Suisse a préféré investir ailleurs que dans son système de défense et se trouve aujourd’hui fort dépourvue face à l’émergence de menaces contre lesquelles la neutralité multiséculaire ne protège pas.

A bon entendeur…

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Garde nationale : un monstre bureaucratique

Désormais c’est officiel ! Le décret portant création de la garde nationale est publiée ce matin au journal officiel. Sonnez trompettes et clairons !

Le détail des dispositions contenues dans ce décret vient malheureusement atténuer notre enthousiasme : La garde nationale est «  assurée par les volontaires servant au titre d’un contrat d’engagement à servir dans la réserve opérationnelle des forces armées et des formations rattachées et les volontaires de la réserve civile de la police nationale ». En d’autres termes, la garde nationale est un consortium d’entités déjà existantes. Faire du neuf avec du vieux, le génie des gens sans idée.

Pas un mot sur la doctrine d’emploi, le périmètre d’intervention, les modalités de recrutement… Du détail sans doute.

Il y a cependant plusieurs nouveautés dans ce décret. Elles portent les doux noms de comité directeur de la garde nationale, comité de pilotage de la garde nationale, conseil consultatif de la garde nationale, secrétariat général de la garde nationale.

Chacun l’aura compris, la garde nationale est avant tout une question de bureaucratie. Quant à mieux assurer la sécurité des français, les comités et conseils créés ce jour nous en diront sûrement plus dans un prochain rapport.

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Extinction de voix dans la Grande muette

Silence radio sur les militaires gravement blessés en Irak et au Sahel alors que tous les journalistes spécialisés défense s’inquiètent des remontées du terrain

Apposition du « confidentiel défense » sur la disponibilité des matériels de l’armée de terre, dont ceux en opération, information jusqu’alors publiée au journal officiel en réponse aux questions écrites de François Cornut-Gentille.

Refus paranoïaque de communiquer sur les effectifs des services de renseignement, alors que les documents budgétaires édités par Bercy les mentionnent.

Report à la dernière minute des auditions budgétaires des chefs d’état-major par les parlementaires sur ordre du cabinet du ministre.

L’incompréhension est de mise face à la stratégie (le terme est-il bien choisi ?) de communication du ministère de la défense. Et ce n’est pas faute d’inonder les médias et internet de jolies images du Porte-avions appareillant pour le Levant, du canon CAESAR mâtant l’Etat islamique, du ministre signant d’abondants contrats d’exportation.

Le seul petit hic est que la Défense, c’est avant tout des hommes et des femmes qui risquent quotidiennement leur vie pour la sécurité des Français. S’interroger sur les opérations en cours et sur les équipements mis  à la disposition des forces, c’est avant tout veiller à ce que les bonnes décisions militaires et budgétaires soient prises pour assurer l’accomplissement de missions périlleuses. Pourquoi se battent-ils ? Comment et avec quoi le font-ils ? Que faut-il amplifier ou changer dans les choix budgétaires ?

Pour toute réponse, le silence. Le ministère préfère le silence à l’explication, à la pédagogie. Dans les prochaines semaines, le Parlement va voter le budget 2017 de la défense. Mal informé, il ne sera pas en mesure de faire les bons choix et surtout de les défendre devant une opinion publique légitimement interrogative.

Le silence assourdissant du Ministère de la défense ne peut que susciter de l’inquiétude et du doute. Ni l’inquiétude, ni le doute ne contribuent à instaurer un lien fort de confiance. Or, de la confiance il en faut quand on met la vie de soldats en jeu.

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Comment prendre un député pour un imbécile en 4 images.

Comme pour chaque exercice budgétaire, François Cornut-Gentille a adressé un questionnaire au ministre de la défense afin de préparer son rapport spécial sur les crédits 2017 de la mission défense, incluant notamment les services de renseignements rattachés au ministère.

Cette année, les réponses transmises par mail aux questions posées par François Cornut-Gentille sur la DGSE, la DPSD (devenue DRSD) et la DRM ont été des plus laconiques : un grand « confidentiel » vient barrer de rouge une feuille blanche. Circulez, il n’y a rien à voir, ni à lire, ni à expliquer.

Soit. Encore faut-il ne pas prendre les parlementaires pour des imbéciles. La majorité des chiffres demandés est publiée dans le programme annuel de performances 2017 (les crédits 2017 pour la défense), à partir de la page 39. Pour de la confidentialité, vous repasserez ! Lire la suite »

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Mauvais esprit du lundi : la DPSD ne protège plus, elle se renseigne sur ce qu’on lui a volé.

Au cœur du week-end, quelques acharnés du journal officiel ont repéré la publication d’un décret portant changement d’appellation de la direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD) devenant la direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD).

Selon la notice explicative, « le décret vise à mieux traduire dans son appellation la nature des missions qui sont confiées à la direction de la protection et de la sécurité de la défense ».  La DPSD ne protège plus, elle se renseigne.

Les mauvais esprits seraient tentés d’y faire un rapprochement avec les failles constatées à l’occasion du vol massif de détonateurs et pains de plastic sur le site de Miramas (photo), en juillet 2015.

A la suite de cette affaire non encore résolue, le ministre de la défense créa avec l’énergie qu’on lui reconnait la direction de la protection des installations de défense (DPID). Les mauvais esprits seraient tentés de croire que la DPSD, devenue DRSD, a désormais pour mission non plus de protéger les sites mais de chercher ce que l’on y a volé.

Et bien les mauvais esprits ont tort ! La lecture du PAP 2017 mission défense, le projet de budget du ministre, nous révèle que la DPSD, pardon la DRSD, continue à inspecter les sites du domaine militaire et les sites industriels et économiques liés à la défense. Avec la même constance comme le souligne l’indicateur dit de performance. 4 % des sites devant être inspectés passent à l’as. Aucune amélioration du service n’est attendue.

Heureusement que nous sommes en guerre. Mais ceci est une remarque digne d’un mauvais esprit.

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